Benoit Dorais estime avoir encore la crédibilité pour demeurer en poste

<p>Benoit Dorais a reconnu qu’il avait fait preuve d’un «manque de jugement» en circulant à une vitesse de 71 km/h au-dessus de la limite permise de 100 km/h sur une autoroute en avril dernier.</p>
Photo: Jeanne Corriveau Le Devoir

Benoit Dorais a reconnu qu’il avait fait preuve d’un «manque de jugement» en circulant à une vitesse de 71 km/h au-dessus de la limite permise de 100 km/h sur une autoroute en avril dernier.

Même s’il a été intercepté par les policiers alors qu’il conduisait à 171 km/h sur l’autoroute en avril dernier, Benoit Dorais, estime qu’il a encore la crédibilité pour demeurer président du comité exécutif de la Ville de Montréal.

« Je continue d’avoir un bon jugement. Je suis capable de continuer d’assumer [mes fonctions]. La mairesse a mentionné qu’elle avait confiance en moi. Je vais continuer à travailler », a-t-il expliqué vendredi matin, en marge du lancement des travaux de la station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport Montréal-Trudeau. « Je pense que depuis 10 ans, j’ai habitué les gens [au fait que] je travaille fort. J’ai une ardeur au travail. Je suis sur le terrain. Les gens reconnaissent ça. »

M. Dorais, qui est aussi maire du Sud-Ouest depuis 2009, a toutefois reconnu qu’il avait posé un « geste répréhensible », fait une « erreur » et qu’il avait fait preuve d’un « manque de jugement » en circulant à une vitesse de 71 km/h au-dessus de la limite permise de 100 km/h sur une autoroute en avril dernier.

Benoit Dorais est demeuré vague sur les circonstances de l’événement qui est survenu aux alentours de minuit.

La semaine dernière, Le Journal de Montréal a révélé que le numéro 2 de l’administration Plante avait écopé d’une amende de 1378 $ et de 14 points d’inaptitude après avoir roulé à 171 km/h sur l’autoroute 35, près de Saint-Alexandre, le 21 avril dernier. Son permis de conduire a également été suspendu pendant 7 jours.

Il n’en était pas à sa première infraction, car entre 1995 et 2017, il a été interpellé pour excès de vitesse à huit reprises, dont trois fois depuis 2009, année de son accession au poste de maire de l’arrondissement du Sud-Ouest.

Selon lui, ces excès de vitesse ne l’empêchent pas de promouvoir la Vision zéro et les mesures de réduction de la vitesse de la circulation à Montréal, des principes chers à l’administration Plante.

Benoit Dorais soutient avoir averti l’entourage de la mairesse Plante de son comportement dès avril dernier. « Et dès le départ, j’ai mangé un savon », a-t-il dit.

Jeudi soir, après être resté discret pendant une semaine, Benoit Dorais a présenté ses excuses sur son compte Facebook.

Autorité morale

Les excuses de Benoit Dorais ne satisfont pas le chef de l’opposition, Lionel Perez. « M. Dorais n’a plus l’autorité morale d’être le numéro 2 de la Ville de Montréal. […] Il veut présenter ça comme une erreur banale. C’est loin de l’être. Il a mis la vie d’autrui en danger à cette vitesse-là », a indiqué M. Perez.

Selon lui, Valérie Plante ne peut garder M. Dorais à son poste. « Ça va continuer à la hanter. Chaque fois qu’elle va parler de Vision zéro ou de mesures d’apaisement de la vitesse, on va lui poser des questions sur le président du comité exécutif », a-t-il expliqué.

Pour sa part, le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand, croit que M. Dorais doit démissionner de ses fonctions d’élu.