Montréal se prépare à faire face à la vague de chaleur

Le Dr David Kaiser, de la Direction de la santé publique et la mairesse de Montréal, Valérie Plante.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Dr David Kaiser, de la Direction de la santé publique et la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

La chaleur qui s’est installée à Montréal ne répond peut-être pas aux critères d’une « canicule », mais la Ville et la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal se disent prêtes à déployer les mesures d’aide si nécessaire.

« Actuellement, nous sommes en veille saisonnière », a indiqué mercredi la mairesse Valérie Plante.

Environnement Canada prévoit des températures dépassant 30 degrés jusqu’à vendredi, accompagnées d’un facteur humidex entre 35 et 40. Mais il ne s’agit pas d’une canicule qui, selon la définition des météorologues, correspond à une séquence de trois jours d’affilée de 30 degrés et plus, avec des nuits de 20 degrés et plus.

66
C’est le nombre de personnes qui ont perdu la vie à Montréal lors de la canicule de 2018.

Reste que les autorités demeurent aux aguets. Le Plan particulier d’intervention chaleur de l’agglomération de Montréal pourra être déclenché si la situation le requiert. Ce plan prévoit notamment la prolongation des heures d’ouverture des piscines, des jeux d’eau, des pataugeoires, des bibliothèques et des refuges pour personnes en situation d’itinérance. Il est assorti d’un service de porte-à-porte offert par le Service de sécurité incendie de Montréal pour s’assurer que les personnes vulnérables ne soient pas en difficulté. L’an dernier, 43 000 personnes avaient été rencontrées.

Éviter des décès

Ce plan a été mis en oeuvre à trois reprises dans le passé, soit en 2010, 2011 et 2018. Mais cela n’a pas empêché le décès de 66 personnes à Montréal pendant la vague de chaleur l’an dernier.

La Direction de la santé publique indique que les outils pour identifier les personnes en état de vulnérabilité font l’objet d’améliorations. « Une personne qui vit seule dans une maison de chambres dans un secteur d’îlots de chaleur est plus à risque. C’est sûr que c’est un work in progress », a expliqué le Dr David Kaiser, de la DSP de Montréal.

La mairesse a rappelé les conseils d’usage, soit de boire de l’eau régulièrement, chercher les endroits ombragés et ne pas s’adonner à des activités physiques intenses. Mais la mairesse a surtout fait un appel à la solidarité sociale afin que les citoyens se préoccupent des personnes vulnérables dans leur entourage et leur voisinage. « Soyons vigilants. C’est nous qui connaissons mieux notre milieu, notre famille, nos voisins », a-t-elle dit.

Planter des arbres

Valérie Plante croit que la Ville ne peut ignorer la nouvelle réalité climatique et que des gestes doivent être posés à cet égard. Elle a rappelé que Montréal comptait faire passer de 20 à 25 % l’indice canopée d’ici 2025 et que le budget consacré à la forêt urbain avait été haussé à 16 millions $, au lieu de 12 millions.

À Québec, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a assuré que le réseau de la santé et des services sociaux était prêt à faire face à la situation. Les établissements ont un plan et ils l’ont même renforcé cette année, a-t-elle indiqué en point de presse.

La ministre a aussi souligné que les aires communes avaient été climatisées « dans l’ensemble des CHSLD » (Centres d’hébergement et de soins de longue durée).