Montréal fera démolir deux édifices incendiés de la rue Saint-Denis

Le 3620-22 et le 3626-30 de la rue Saint-Denis
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le 3620-22 et le 3626-30 de la rue Saint-Denis

Montréal entend procéder elle-même à la démolition de deux immeubles incendiés de la rue Saint-Denis, car elle juge que les propriétaires ont trop tardé à agir. Les deux bâtiments vacants depuis l’an dernier représentent un danger pour les passants et pour les immeubles adjacents, soutient la Ville.

L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal a réservé un montant d’un million de dollars pour procéder aux travaux liés à la démolition de deux bâtiments situés à proximité du carré Saint-Louis.

Le premier édifice, au 3626-3630, rue Saint-Denis, a été ravagé par un incendie le 11 mars 2018. Le 17 septembre suivant, c’était au tour du bâtiment voisin, du 3620-3622, rue Saint-Denis, d’être la proie des flammes. Depuis, un périmètre de sécurité a été mis en place et un édifice voisin a dû être évacué. Mais les deux bâtiments sont toujours debout malgré les permis de démolition délivrés par les autorités municipales.

L’arrondissement indique avoir effectué plus de 80 inspections et avoir remis 10 constats d’infraction aux propriétaires. Le service des affaires juridiques de la Ville leur a aussi fait parvenir des mises en demeure, mais celles-ci sont restées sans réponse, affirme la Ville.

Ayant perdu patience, la Ville a décidé qu’elle verrait elle-même aux travaux de démolition. Elle lancera un appel d’offres au cours de l’été afin de trouver un entrepreneur et les travaux devraient être réalisés cet automne. « Les travaux seront faits aux frais des propriétaires et une hypothèque légale sera inscrite au registre foncier », indiquent les documents fournis aux élus du Plateau qui devaient approuver l’affectation d’une somme d’un million pour ce dossier, mardi soir. Ce montant servira non seulement à la démolition des bâtiments, mais également à la décontamination, à la réparation et au renforcement des édifices adjacents.

Démolition promise

Joint par Le Devoir, le propriétaire de l’un des immeubles rejette les affirmations de la Ville. Les échanges avec la Ville ont été nombreux, soutient Fred Pellatt, propriétaire du bâtiment situé au nord. « La main droite ne sait pas ce que la main gauche fait. Un département ne parle pas à l’autre », a-t-il dit.

Fred Pellatt assure que les propriétaires feront eux-mêmes les travaux. « On est en mesure de démolir les bâtiments. Il n’est pas question que la Ville s’en occupe. C’est nous qui allons nous en occuper. Point final. Il n’y a pas de discussions là-dessus », a-t-il indiqué.

La démolition pourrait être effectuée au cours des prochaines semaines, affirme M. Pellatt. Les deux propriétaires ont convenu de faire les travaux conjointement puisque les deux bâtiments sont adjacents. S’ils ont tant tardé à agir, c’est qu’il a fallu régler le dossier des assurances et permettre les investigations requises, dit Fred Pellatt. Et les seuls entrepreneurs qui ont fait une soumission étaient « formidablement chers » sans raison, a-t-il précisé.

Un entrepreneur a finalement été choisi pour effectuer les travaux. Et selon M. Pellatt, les travaux ne coûteront pas un million de dollars.

Les propriétaires envisagent déjà un projet de remplacement pour le site, mais les détails restent à déterminer. En vertu des règles d’urbanisme, les futurs bâtiments devront comporter des espaces commerciaux au rez-de-chaussée et des unités résidentielles aux étages supérieurs, a précisé Fred Pellatt. Les hauteurs permises sont limitées à trois ou quatre étages.