Les avertisseurs de fumée avec pile au lithium seront bientôt obligatoires à Montréal

Les avertisseurs à pile de longue durée peuvent coûter une trentaine de dollars.
Photo: iStock Les avertisseurs à pile de longue durée peuvent coûter une trentaine de dollars.

Tous les propriétaires montréalais de bâtiments résidentiels construits avant 1985 devront désormais installer des avertisseurs de fumée avec pile au lithium inamovible longue durée de 10 ans. Le nouveau règlement, qui doit être adopté la semaine prochaine par le conseil d’agglomération, fait suite à une recommandation d’un coroner ayant enquêté sur plusieurs incendies mortels.

« L’avertisseur est peu coûteux, est efficace et sauve des vies. Grâce à cette nouveauté, il y aura de moins en moins d’incidents malheureux dus à un simple avertisseur dont la pile 9 volts est morte », a fait valoir la conseillère Rosannie Filato, responsable de la sécurité publique au comité exécutif. « Bientôt, ce sera fini, l’époque du fameux changement d’heure-changement de pile. »

Le nouveau règlement entrera en vigueur aussitôt qu’il sera adopté par le conseil d’agglomération le 20 juin prochain. Les propriétaires des immeubles sont responsables de l’installation de ces appareils alors que l’entretien de ceux-ci est une responsabilité partagée entre le locateur et le locataire, a tenu à rappeler Mme Filato.

Période de grâce

La Ville accordera une période de grâce d’un an pour permettre aux propriétaires de se conformer à la nouvelle réglementation. Elle continuera toutefois de sévir dans le cas de bâtiments dépourvus d’un avertisseur fonctionnel, a prévenu Louise Desrosiers, chef de section au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM).

Les agents du SIM ainsi qu’une brigade spéciale feront des visites à domicile tout l’été afin de s’assurer de la présence d’avertisseurs et de leur bon fonctionnement.

Ce ne sont pas les flammes qui tuent, c’est la fumée. Tout le monde va y trouver son compte, autant le propriétaire que les familles.

 

Le nouveau règlement est « une excellente nouvelle », a indiqué au Devoir le coroner Jacques Ramsay. Au cours de la dernière décennie, le Dr Ramsay a dû faire enquête sur plusieurs cas d’incendies mortels. Il avait alors conclu que ces vies auraient pu être sauvées si l’avertisseur présent n’avait pas été hors fonction, soit parce que les piles étaient mortes ou parce qu’elles avaient été retirées.

Le Dr Ramsay avait alors recommandé que les propriétaires soient tenus pour responsables des avertisseurs de fumée de leurs locataires. Il pressait aussi la Ville de Montréal d’obliger les propriétaires à procéder, d’ici 2025, à l’installation d’avertisseurs de fumée raccordés au système électrique ou munis d’une pile avec une longue durée de vie. Ce n’était pas la première fois qu’il formulait de telles recommandations. Celles qu’il avait faites en 2008 n’avaient pas eu de suite, a-t-il dit.

La proposition de règlement de la Ville le satisfait. « Le parc immobilier à Montréal est assez vieux. Depuis 1985, les avertisseurs dans les nouveaux bâtiments sont reliés à un système électrique. Brancher les avertisseurs au système électrique dans les vieux bâtiments représenterait des investissements considérables. La solution consiste donc à avoir des avertisseurs à longue durée de vie », résume-t-il.

Le coût

Les avertisseurs à pile de longue durée peuvent coûter une trentaine de dollars. « Ce ne sont pas les flammes qui tuent, c’est la fumée. Tout le monde va y trouver son compte, autant le propriétaire que les familles, croit le Dr Ramsay. J’espère maintenant que les autres municipalités du Québec vont emboîter le pas. »

Louise Desrosiers indique que les inspections effectuées à domicile ont permis de constater que, dans 70 % à 80 % des cas, les avertisseurs sont fonctionnels.