La Ville de Montréal va publier ses avis publics seulement en ligne

Les avis publics se rapportent surtout à des règlements municipaux, à des ordonnances et à des assemblées publiques.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les avis publics se rapportent surtout à des règlements municipaux, à des ordonnances et à des assemblées publiques.

Les avis publics la Ville de Montréal cesseront de trouver leur place dans les pages de journaux et seront seulement affichés en ligne. Le comité exécutif a approuvé un projet de règlement en ce sens mercredi. Il estime que cette décision lui fera économiser environ 350 000 $ par année.

L’administration de Valérie Plante considère par ailleurs que le nouveau règlement sera davantage en phase avec le virage numérique qu’elle embrasse. « La publication pourra se faire plus rapidement sans être restreinte par les dates de tombée des journaux. Elle offre une plus grande souplesse si des avis correctifs sont nécessaires à la suite de changements de dernière minute aux dossiers », stipule le sommaire décisionnel.

L’adoption du règlement avalisé par le comité exécutif devra être confirmée par le conseil municipal en août, mais cela ne devrait être qu’une formalité. Son entrée en vigueur est prévue pour septembre.

Le règlement s’appliquera seulement aux avis de la ville centre. Les arrondissements peuvent déterminer eux-mêmes la manière dont ils souhaitent rendre publics leurs avis. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs déjà décidé de ne plus acheter d’espaces dans des journaux papier.

Nouvel encadrement

En vertu du projet de loi no 122 adopté par le gouvernement Couillard en juin 2017, les municipalités du Québec disposent du pouvoir de « modifier la manière dont sont diffusés leurs avis publics ». Auparavant, la Loi sur les cités et villes statuait qu’elles devaient les afficher à l’hôtel de ville et les insérer dans un journal diffusé sur leur territoire.

L’automne dernier, la Ville de Québec a elle aussi décidé de retirer ses avis publics des journaux. Sherbrooke a opté pour une formule hybride en publiant des versions simplifiées dans les journaux et des versions longues en ligne. Gatineau, pour sa part, a choisi de continuer à insérer ses avis publics dans les pages de publications papier pour l’instant.

Les avis publics se rapportent surtout à des règlements municipaux, à des ordonnances et à des assemblées publiques. À la Ville de Montréal, ils sont publiés par Le Devoir et The Gazette.

Dans un communiqué, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec a invité l’administration Plante à revenir sur sa décision.

« La Ville [de Montréal], comme institution publique, a la responsabilité et le devoir de contribuer à l’exercice de la démocratie et ça ne peut se faire sans soutenir financièrement les médias écrits qui traversent une crise sans précédent », pouvait-on y lire.

Les directions du Devoir et de la Gazette n’ont pas voulu commenter le dossier mercredi.