Les feux d’artifice ont contribué à la mauvaise qualité de l’air l'an dernier

Le nombre de jours de mauvaise qualité de l’air a augmenté depuis 2016, passant de 28 à 41 jours en 2018.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le nombre de jours de mauvaise qualité de l’air a augmenté depuis 2016, passant de 28 à 41 jours en 2018.

Montréal a enregistré 41 jours pendant lesquels la qualité de l’air a été jugée mauvaise en 2018, soit 7 jours de plus que l’année précédente, selon les données du Réseau de surveillance de la qualité de l’air (RSQA). Les spectacles de feux d’artifice de l’île Sainte-Hélène sont montrés du doigt pour la mauvaise qualité de l’air observée pendant 5 jours en juillet dernier.

Le bilan sur la qualité de l’air publié chaque année par le Service de l’environnement de la Ville s’appuie sur les données fournies par les 15 stations d’échantillonnage du RSQA réparties sur l’île de Montréal.

En 2018, le RSQA a dénombré 6 jours de smog, contre 7 l’année précédente. Et ces jours de smog sont survenus uniquement en hiver. Rappelons que les jours de smog sont caractérisés par des concentrations de particules fines supérieures à 35 μg/m3 pendant au moins 3 heures sur plus de 75 % du territoire de l’agglomération.

Le nombre de jours de mauvaise qualité de l’air a cependant augmenté depuis 2016, passant de 28 à 41 jours en 2018. Pour décréter une journée de mauvaise qualité de l’air, il suffit qu’une seule station enregistre des concentrations dépassant 35 μg/m3 pendant au moins 3 heures. « Malgré le fait qu’il y ait eu une légère augmentation du nombre de jours de mauvaise qualité de l’air comparativement à 2017 (34), il faut comprendre que ce nombre fluctue d’une année à l’autre en fonction des conditions météorologiques (direction et vitesse du vent, durée de l’hiver avec ses températures variables) », indique-t-on dans le rapport.

Ce nombre est tout de même moindre qu’en 2015, où 64 jours de mauvaise qualité de l’air avaient été enregistrés. Il faut toutefois préciser qu’à l’époque, la présence d’une pizzeria utilisant un four à bois tout près d’une station faussait les données. Cette station a par la suite été déplacée.

Chauffage au bois

Depuis le 1er octobre dernier, l’utilisation des appareils à combustion solide est interdite sur le territoire de la Ville de Montréal, mais le bilan 2018 de la qualité de l’air ne donne pas un portrait complet de la situation puisque les premiers mois de 2019 n’y figurent pas. Le responsable du dossier de l’environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau, assure toutefois que l’entrée en vigueur de cette interdiction a eu un impact tangible sur le smog hivernal de la saison 2018-2019. « Dans les années précédentes, on avait entre 6 et 8 journées de smog hivernal. Cette année, on en a eu juste une. C’est directement lié au chauffage au bois », a-t-il indiqué au Devoir.

Plusieurs facteurs influencent la qualité de l’air enregistrée. Ainsi, le chantier de l’échangeur Turcot a fait en sorte qu’encore cette année, la station d’échantillonnage 102 a enregistré le plus grand nombre de dépassements de la norme de 30 μg/m3 établie par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC).

Jean-François Parenteau croit que le bilan pour cette station devrait s’améliorer au cours de 2019 puisque la démolition des anciennes structures de l’échangeur vient de se terminer. « On sera en construction. Ce sera moins pire car il y aura moins de poussière », signale-t-il. La démolition éventuelle de l’ancien pont Champlain, qui se réalisera au-dessus de l’eau, devrait avoir un impact moins important sur la qualité de l’air, ajoute-t-il.

Les feux d’artifice

Le bilan 2018 montre du doigt les spectacles de l’International des Feux Loto-Québec comme responsable des taux élevés enregistrés les 11 et 12 juillet, les 14 et 15 juillet et le 21 juillet. « En général, les concentrations de particules fines augmentent pendant le spectacle pour ne redescendre qu’après minuit, ce qui explique le compte de deux jours. Tous ces cas ont en commun la stagnation des polluants due à l’absence de circulation des masses d’air », souligne-t-on dans le rapport.

À ce sujet, Jean-François Parenteau note que l’été a été très chaud à Montréal et que cela a pu contribuer à maintenir un taux élevé de particules fines dans l’air. « L’événement dure 30 minutes, c’est très circonscrit dans le temps. L’été dernier, ils ont eu lieu dans une période de grande chaleur », a-t-il rappelé.

La Ville n’envisage pas pour autant d’interdire la tenue des feux d’artifice. « Ça n’a jamais été discuté », a admis M. Parenteau. « Ce n’est pas comme si cet événement durait des heures et des heures. »

Il n’a pas été possible, mardi, d’obtenir les commentaires de Six Flags, propriétaire de La Ronde, qui coordonne l’International des Feux Loto-Québec. L’événement est présenté depuis 1985. En 2019, huit spectacles sont prévus entre le 29 juin et le 27 juillet.