Des mesures transitoires pour apaiser la circulation sur le mont Royal

La Ville entend installer des bollards au centre de la chaussée sur la voie Camillien-Houde.
Photo: Ville de Montréal La Ville entend installer des bollards au centre de la chaussée sur la voie Camillien-Houde.

Des dos-d’âne, des bollards au centre de la chaussée et l’implantation d’un sens unique alterné font partie des mesures qui seront mises en place pour apaiser la circulation et décourager le transit sur la voie Camillien-Houde d’ici le 14 juin.

Au début de mai, l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) avait recommandé le maintien de la circulation de transit sur le mont Royal, estimant que le projet-pilote mené l’an dernier pour empêcher les automobilistes de traverser la montagne avait été décevant. L’Office avait notamment proposé que la route soit transformée en « chemin de plaisance » et que la chaussée soit rétrécie afin d’inciter les automobilistes à ralentir leur vitesse.

Les mesures transitoires dévoilées mercredi seront appliquées à la mi-juin en attendant des installations permanentes.

La Ville entend installer des bollards au centre de la chaussée sur la voie Camillien-Houde, entre la maison Smith et l’avenue du Mont-Royal, de même que des bacs à fleurs ou autres éléments physiques le long de la route afin de réduire la largeur de la chaussée. Des dos-d’âne apparaîtront aussi sur le chemin Remembrance et la largeur des accotements sera augmentée.

Image: Ville de Montréal

Dans le col de la voie Camillien-Houde, un segment jugé dangereux pour les cyclistes et les piétons, les automobilistes circuleront à sens unique de façon alternée à l’aide de feux de circulation. Valérie Plante reconnaît que cette attente pourrait indisposer les automobilistes. « Cela ne dérangera pas à ceux qui accèdent à la montagne pour faire une balade d’attendre au feu de circulation », a-t-elle avancé.

L’administration promet de faire un suivi des mesures adoptées, qui pourront être modifiées si nécessaire.

L’opposition à l’Hôtel de Ville se dit satisfaite du plan de l’administration qui correspond aux propositions qu’elle avait faites lors des consultations publiques, notamment en ce qui a trait au sens unique alterné. « Mais cela démontre à quel point l’exercice de l’an dernier [le projet-pilote] était idéologique », affirme le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. « La mairesse a répété être préoccupée par la sécurité des cyclistes et des piétons, mais c’était plutôt une guerre contre les automobilistes. »

Les mesures proposées ont été bien accueillies par la p.-d.g. de Vélo-Québec, Suzanne Lareau malgré deux « petits bémols », soit l’aménagement de dos-d’âne et l’installation de bacs à fleurs en bordure du chemin. « Les dos-d’âne pour les cyclistes peuvent être assez dangereux, surtout en descente, même si on indique qu’ils seront plutôt sur le chemin Remembrance », explique-t-elle. « Quant aux pots de fleurs, on ne voudrait pas se retrouver avec des obstacles dans l’accotement que les cyclistes devront contourner. »

Les Amis de la montagne saluent aussi l’annonce de l’administration, mais déplorent l’absence de mesures pour régler la difficile cohabitation entre les piétons et les cyclistes sportifs. L’organisme craint toutefois que les solutions d’apaisement nuisent à l’efficacité des transports en commun. Une vision d’ensemble sera nécessaire, croient Les Amis de la montagne.