Hassan Guillet candidat des libéraux à Saint-Léonard-Saint-Michel

«Quand je suis arrivé au Québec il y a 45 ans, on parlait des deux solitudes. Maintenant, on peut parler d’une multitude de solitudes», affirme Hassan Guillet.
Photo: Renaud Philippe archives Le Devoir «Quand je suis arrivé au Québec il y a 45 ans, on parlait des deux solitudes. Maintenant, on peut parler d’une multitude de solitudes», affirme Hassan Guillet.

L’ancien imam Hassan Guillet, dont le touchant sermon avait fait le tour du monde après l’attentat à la mosquée de Québec, sera candidat dans l’équipe de Justin Trudeau dans la circonscription de Saint-Léonard-Saint-Michel.

Au terme d’une investiture contestée, M. Guillet devient ainsi le premier candidat libéral à ne pas provenir de la communauté italienne dans cette circonscription montréalaise. Mais il affirme vouloir être le « candidat de tout le monde » et pas seulement de la communauté maghrébine.

L’ingénieur de formation espère être capable d’agir comme un « bâtisseur de ponts » alors que les Canadiens et Québécois sont plus divisés que jamais sur des questions comme l’immigration et la laïcité. « Quand je suis arrivé au Québec il y a 45 ans, on parlait des deux solitudes. Maintenant, on peut parler d’une multitude de solitudes », affirme-t-il en entrevue avec La Presse canadienne.

M. Guillet s’est fait connaître pour le sermon qu’il a donné aux funérailles des victimes de la tuerie à la mosquée de Québec en 2017. Ses propos ont même été cités par l’auteure des livres Harry Potter, J.K. Rowling. Il avait déclaré à l’époque que l’auteur de la tuerie, Alexandre Bissonnette, était lui aussi une « victime », ce qui avait soulevé un tollé chez certains.

Deux ans plus tard, le nouveau candidat constate que le climat social est encore très tendu dans la foulée du projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault.

Pas le temps d’être imam

M. Guillet avait été le premier candidat à l’investiture à s’annoncer quand le député Nicola Di Iorio avait annoncé sa démission pour la première fois au printemps 2018. À ce moment-là, M. Guillet avait promis de renoncer à son rôle d’imam bénévole et à temps partiel. Il assure que c’est toujours le cas comme candidat, puisqu’il n’a « pas le temps » d’être imam.

« Je suis un gars perfectionniste ! Je vais faire quelque chose et je vais le réussir. Je ne vais pas faire quelque chose à moitié juste pour accumuler les titres », assure-t-il.

Il y a eu une seule exception, lors du prononcé de la peine d’Alexandre Bissonnette en février dernier. La communauté avait insisté pour qu’il livre un sermon, non pas pour des raisons religieuses, mais pour les rassurer, précise-t-il.

Plus d’un millier de personnes en plein ramadan

L’investiture libérale dans Saint-Léonard-Saint-Michel a attiré pas moins de 1200 personnes, selon des médias locaux. M. Guillet, qui parle six langues, a prononcé son discours de victoire en français, en anglais, en italien et en arabe. Il a dit quelques mots de créole aussi.

Il se présentait contre Patricia Lattanzio, une conseillère d’arrondissement à Saint-Léonard, et Francesco Cavaleri, un notaire. Les communautés italienne et arabophone étaient donc bien représentées, ce qui constitue une surprise, selon lui, alors que le ramadan bat son plein et que l’investiture s’est déroulée en soirée.