Comment éviter le chaos dans Namur-de la Savane?

Le projet Royalmount ajoutera 94 000 déplacements quotidiens dans le secteur.
Photo: Carbonleo Le projet Royalmount ajoutera 94 000 déplacements quotidiens dans le secteur.

Le développement du secteur Namur-de la Savane, où verra le jour le projet Royalmount, nécessitera que des gestes soient posés rapidement pour améliorer le transport en commun et restreindre l’utilisation de la voiture. C’est l’avertissement que lance le groupe de travail présidé par Florence Junca Adenot qui, dans un rapport publié mardi, recommande notamment le prolongement de la ligne orange jusqu’à la gare Bois-Franc et le désenclavement du secteur.

Il eût mieux valu réfléchir aux enjeux de congestion automobile avant d’autoriser des projets de développement, notent d’emblée les auteurs du rapport. Mais compte tenu du degré d’avancement de certains dossiers, le groupe de travail a formulé 13 recommandations pour réduire les impacts du développement sur la congestion dans ce secteur.

Au cours des 15 prochaines années, huit projets immobiliers sont prévus dans le secteur Namur-de la Savane, à la jonction des autoroutes 15 et 40. Parmi eux, le Royalmount, le site de l’ancien hippodrome et le Triangle, qui ajouteront 15 278 logements et 2,7 millions de pieds carrés de commerces, de bureaux et de services.

Mais cette zone industrielle est enclavée et il faudra remédier à ce problème, prévient le groupe de travail. À l’heure actuelle, le secteur Namur-de la Savane génère 95 000 déplacements quotidiens auxquels s’ajouteront 194 000 déplacements attribuables aux nouveaux projets, dont 94 000 pour le Royalmount. Quelque 360 000 véhicules circulent déjà sur les autoroutes 15 et 40 tous les jours. « Si rien n’est fait, l’ajout de déplacements se traduira par d’importants débordements de la circulation sur les réseaux routiers limitrophes et par un allongement des temps de parcours pour atteindre le centre de Montréal », peut-on lire dans le rapport.

Comme le secteur est traversé par deux corridors ferroviaires, le groupe de travail propose plusieurs mesures, dont le prolongement du boulevard Cavendish.

Des actions concrètes devront aussi être prises pour accroître l’utilisation des transports en commun qui, dans ce secteur, représentent seulement 17 % des déplacements, malgré la présence de deux stations de métro.

Le promoteur du Royalmount a récemment révisé son projet. Il y a ajouté un volet résidentiel et a réduit de près de 44 % le nombre de pieds carrés de commerces et de bureaux. Il fixe maintenant à 38 % la part des transports collectifs dans les déplacements liés à son projet. Le promoteur Carbonleo s’est d’ailleurs engagé à construire une passerelle au-dessus de l’autoroute Décarie au coût de 22 millions afin de relier son projet à la station de métro.

Mais il faudra faire plus pour l’ensemble du secteur, d’autant que les stations de métro de la Savane et Namur sont parmi les moins fréquentées du réseau. Le groupe de travail suggère donc de raccorder le métro au futur Réseau express métropolitain (REM) en prolongeant la ligne orange de la station de la Côte-Vertu et la gare Bois-Franc. À plus long terme, la ligne orange pourrait se rendre jusqu’à Laval, ajoute-t-on.

Le projet Royalmount prévoyait à l’origine 12 000 places de stationnement, mais ce nombre a récemment été réduit à 9850, dont 3000 pour le volet résidentiel qui a été intégré dans les nouveaux plans. Le groupe de travail croit toutefois que ce nombre pourrait être réduit davantage. Il suggère aussi que les cases de stationnement pour le secteur non résidentiel soient tarifées.

Finalement, le groupe de travail propose que les promoteurs qui participeront au développement du secteur Namur-de la Savane contribuent au financement des services et des infrastructures de mobilité « selon le principe du bénéficiaire-payeur ».

« Nous accueillons le rapport et prendrons le temps d’étudier les recommandations formulées par le groupe de travail Namur-de la Savane », a indiqué le promoteur du Royalmount dans un courriel. Carbonleo n’écarte pas la possibilité de réduire le nombre de stationnements ou de tarifer certains d’entre eux, mais aucune décision n’a encore été prise à ce sujet. Il précise avoir entrepris une démarche de participation publique qui lui permettra de présenter une nouvelle mouture de Royalmount à l’automne.

Mairesse insatisfaite

Malgré les améliorations apportées par le promoteur du Royalmount, le projet ne satisfait toujours pas Valérie Plante. « Le projet tel qu’il est présenté a plus d’impacts négatifs que positifs », a indiqué la mairesse mardi. « Le promoteur n’a enfreint aucune loi. Pour ce qui est de l’urbanisme, il a respecté les règles. Mais étant donné l’impact sur la circulation et l’impact général de ce projet, je ne peux pas l’accepter dans sa forme actuelle. »