Valérie Plante défend son bilan environnemental

La mairesse Valérie Plante soutient avoir accueilli le départ de M. Ferrandez avec surprise et tristesse.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La mairesse Valérie Plante soutient avoir accueilli le départ de M. Ferrandez avec surprise et tristesse.

À peine remis du choc du départ de Luc Ferrandez, les élus du Plateau-Mont-Royal ont promis de continuer de porter la vision écologiste du maire démissionnaire. Valérie Plante affirme de son côté que son administration a posé beaucoup de gestes en matière d’environnement, malgré les critiques formulées par Luc Ferrandez.

Tout en disant respecter la décision de M. Ferrandez de quitter l’arène politique, la mairesse Plante se défend d’avoir fait trop de compromis. Le pouvoir impose des contraintes, a-t-elle rappelé mercredi, au lendemain du départ fracassant du maire du Plateau-Mont-Royal.

« Le cri du coeur de M. Ferrandez, j’y adhère. Il y a une crise climatique. Il faut agir. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la Ville de Montréal ne peut pas agir seule. Il y a aussi des limites et […] il faut travailler avec Québec et avec Ottawa », a-t-elle fait valoir.

Mardi, Luc Ferrandez a pris ses collègues de court en annonçant qu’il quittait la vie politique en plein milieu de mandat. Selon lui, l’administration de Projet Montréal n’agit pas assez vite pour répondre à l’urgence climatique. Se sentant incapable d’influencer la mairesse concernant la gravité de la situation, il a préféré tirer sa révérence.

Valérie Plante ne voit pas dans les propos de Luc Ferrandez un désaveu à l’égard du bilan environnemental de son administration. « Luc a fait ce qu’il pouvait dans la structure actuelle », a-t-elle dit.

La mairesse estime que son administration a posé plusieurs gestes en haussant les investissements à 60 millions pour les espaces verts et l’achat de terrains, en décrétant la fin du chauffage au mazout d’ici 2030 et en annonçant une réduction de l’utilisation des contenants de plastique.

La mairesse nie toutefois que Luc Ferrandez ait été muselé par son cabinet : « M. Ferrandez est l’élu de mon comité exécutif qui avait la plus grande tribune et à qui j’ai laissé beaucoup de latitude parce que j’adhère à sa vision et à beaucoup de ses projets. »

Le cri du coeur de M. Ferrandez, j’y adhère. Il y a une crise climatique. Il faut agir. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la Ville de Montréal ne peut pas agir seule.

 

Dans son message de démission publié sur Facebook, Luc Ferrandez avait dressé une liste des actions qu’il faudrait prendre pour affronter l’urgence climatique. Il a notamment suggéré de taxer 100 % du stationnement sur rue et hors rue, de taxer l’entrée au centre-ville, d’acquérir ou zoner tous les terrains verts encore disponibles, de bloquer la spéculation au centre-ville en réduisant les hauteurs.

Ce plan est-il réaliste ?

« Il y a plusieurs des mesures proposées par M. Ferrandez qui sont fort intéressantes, d’autres qui demandent de faire des sacrifices dans d’autres enveloppes budgétaires ou de complètement évacuer d’autres éléments », a commenté Valérie Plante.

Dans le Plateau

C’est le conseiller de Jeanne-Mance, Alex Norris, qui occupera le poste de maire par intérim dans le Plateau-Mont-Royal jusqu’à la tenue de l’élection partielle. Mais d’emblée, il affirme qu’il n’a pas l’intention de se porter candidat pour ce poste.

Les élus ont l’intention de poursuivre le travail entrepris par Luc Ferrandez. « On ne ralentira pas la cadence des changements dans le quartier. On porte la même vision », a dit M. Norris.

La conseillère Marianne Giguère admet que les élus n’avaient pas vu venir le départ de Luc Ferrandez. « Il y a eu des larmes hier. Il y a des hauts fonctionnaires et des directeurs de service qui ont pleuré. Ç’a été très triste », a-t-elle relaté.

« On est déçus. On aurait préféré qu’il ne prenne pas cette décision-là. Mais connaissant l’homme et ses convictions, on le comprend. Il a fait le sacrifice d’un travail qu’il aimait, où il était utile et brillant. […] Il fait ce sacrifice pour créer l’onde de choc dont on devra profiter rapidement pour nous aider à prendre des décisions difficiles. »

L’élue reconnaît que le parti se retrouvera affaibli par ce départ compte tenu de sa connaissance approfondie des dossiers qu’il gérait. « Mais ça sera à nous de faire en sorte que ce sacrifice n’aura pas été fait en vain. »

S’il avait décidé de demeurer en poste comme indépendant, le parti aurait risqué une division qui aurait pu être bien plus dommageable, signale-t-elle.

En coulisses, certains jugent que Luc Ferrandez a été un peu sévère à l’égard de l’administration Plante même s’il a quand même « un peu raison ». « C’est un gros morceau qui part. Il était inspirant. Il avait toujours des idées », dit un collaborateur. « Mais il y a d’autres gros canons dans l’administration. »