Agrile: le traitement des frênes devient gratuit pour les Montréalais

L’an dernier, la Ville de Montréal a traité 26 830 frênes publics et 3864 frênes situés sur des propriétés privées.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir L’an dernier, la Ville de Montréal a traité 26 830 frênes publics et 3864 frênes situés sur des propriétés privées.

Montréal poursuit sa lutte contre l’agrile du frêne. Le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez, a annoncé jeudi que le traitement des frênes sur les terrains privés sera désormais gratuit pour les Montréalais. L’élu assure que cette opération se fera au même coût pour la Ville que l’ancien programme de subventions.

Depuis 2012, Montréal a dépensé quelque 50 millions de dollars dans la gestion de la forêt urbaine, dont 19 millions pour la lutte contre l’agrile, cet insecte venu d’Asie détecté dans Hochelaga-Maisonneuve en 2011.

Pour freiner les ravages de l’insecte, la Ville a coupé 28 629 frênes publics au cours des sept dernières années, dont 8345 en 2018. En revanche, elle a planté plus de 82 000 arbres au cours de la même période.

La Ville a poursuivi le traitement de milliers d’arbres avec l’insecticide botanique TreeAzin afin de les protéger. Ainsi, 26 830 frênes publics ont été traités en 2018 en plus de 3864 frênes situés sur des propriétés privées.

La Ville estime que 55 000 frênes publics et 10 000 frênes privés sont maintenant protégés contre l’insecte ravageur. « 65 000 frênes épargnés, c’est absolument fantastique », croit M. Ferrandez. « On a gagné la bataille du frêne », a-t-il affirmé jeudi.

Au cours des dernières années, d’autres villes québécoises, dépassées par l’ampleur de l’infestation, ont jeté l’éponge et ont plutôt choisi d’abattre tous leurs frênes. C’est notamment le cas de Gatineau et de Sherbrooke.

Gratuité

Après avoir mis en place un programme de subventions pour le traitement de frênes privés — une opération qui doit être faite tous les deux ans —, la Ville a réalisé qu’au même coût, elle pouvait offrir ce traitement gratuitement aux propriétaires montréalais. L’administration estime qu’en simplifiant les procédures du programme, elle est en mesure de réduire de moitié les frais de gestion.

Le programme représentera une dépense de 700 000 $ en 2019, estime la Ville, et jusqu’à 10 000 arbres pourraient ainsi être traités. « Ça ne coûtera pas plus cher et ça va permettre d’avoir le maintien de ces arbres privés », a fait valoir Luc Ferrandez. Mais seuls les arbres situés en zones aménagées pourront être traités, a-t-il précisé.

Les propriétaires devront remplir un formulaire en ligne avant le 31 juillet pour bénéficier de ce service.

La canopée

Selon la Ville, les nombreux abattages de frênes qui ont dû être effectués au fil des ans n’auraient pas affecté l’indice de canopée, qui se serait maintenu à 19,5 % entre 2007 et 2015 sur le territoire montréalais. L’objectif de la Ville demeure toutefois d’atteindre un taux de 25 % d’ici 2025.

Reste qu’entre-temps, la lutte contre l’agrile se poursuit. Plus tôt cette année, la Ville a dû intervenir dans le Bois-de-Saraguay et y couper quelque 9000 frênes.

Anthony Daniel, conseiller en planification au Service des grands parcs de la Ville, croit toutefois qu’à terme, l’abattage progressif d’arbres infestés et la protection des arbres restants feront en sorte que la population d’agriles diminuera. La Ville pourra espacer les traitements au TreeAzin ou recourir à d’autres méthodes de lutte biologique, comme les guêpes ou les champignons, pour traiter les frênes restants, a-t-il avancé.