Montréal veut interdire le chauffage au mazout

La mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La mairesse de Montréal, Valérie Plante

« En 2030, ce sera la fin du mazout à Montréal », a indiqué lundi la mairesse Valérie Plante. L’interdiction à venir du chauffage au mazout, qui doit contribuer à faire de Montréal une ville carboneutre d’ici 30 ans, vise autant le secteur résidentiel que les institutions et les industries.

Selon les données fournies par la Ville, le mazout représente 28 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur résidentiel sur l’île de Montréal. Pour le secteur commercial, ce taux atteint 14 %. Mais la Ville ignore combien de résidences, d’entreprises ou d’institutions se chauffent au mazout à l’heure actuelle. C’est d’ailleurs l’une des premières tâches qui devra être effectuée.

Le plus récent bilan des GES publié par la Ville indique toutefois que le mazout représentait 16 % de l’apport énergétique en 1990, contre 6 % en 2014.

Pour commencer, la Ville remplacera les systèmes de chauffage de ses propres édifices. Cette opération, qui touchera 18 immeubles et coûtera 4 millions de dollars, devrait être complétée en 2021.

Les commerces, industries et institutions auront de leur côté jusqu’en 2025 pour convertir leurs systèmes à des sources d’énergie plus propres, comme l’hydroélectricité. Les propriétaires résidentiels devront s’y mettre à leur tour d’ici 2030.

L’administration déposera dès 2020 un projet de règlement pour interdire les systèmes de chauffage au mazout dans les nouvelles constructions du territoire de l’agglomération.

Aide financière

Valérie Plante dit comprendre qu’une telle conversion puisse représenter une facture salée pour les particuliers. « On sait qu’il y a des coûts associés à cette transition-là. Il existe déjà un programme au sein du gouvernement québécois, Chauffez vert, mais on est en pourparlers pour savoir comment on pourrait le bonifier ou l’améliorer », a-t-elle dit.

Le programme Chauffez vert offre une subvention de 1275 $ pour le remplacement du système de chauffage pour une maison individuelle et de 875 $ par logement pour un duplex et un triplex.

L’administration Plante avait annoncé en septembre dernier son intention de faire de Montréal une ville carboneutre d’ici 2050. Elle s’était alors associée à la Fondation David Suzuki et à la Fondation familiale Trottier afin de se doter d’un plan de transition climatique qui puisse lui permettre d’atteindre ses cibles de réduction des GES.

L’opposition à l’hôtel de ville avait même proposé d’interdire le chauffage au mazout à compter de 2028 dans une résolution soumise au conseil municipal en septembre 2018. À ce moment, l’administration Plante avait toutefois refusé de fixer une date d’interdiction.

Et le gaz naturel ?

Montréal prône la conversion à l’hydroélectricité ou à « d’autres énergies renouvelables », mais ne compte pas interdire le gaz naturel dans l’immédiat. « Étant donné que c’est le mazout qui est le plus grand pollueur au niveau des énergies, c’est le mazout qu’on cible », a dit la mairesse.

Rappelons par ailleurs qu’au Québec, le transport est responsable de 43 % des GES alors qu’à Montréal, il représente 46 % des émissions polluantes.

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