Prolongement du REM: Plante s’inquiète de voir l’ARTM court-circuitée

Maquette du REM présentée en août 2016 par la Caisse de dépôt et placement du Québec
Photo: Caisse de dépôt et placement du Québec Maquette du REM présentée en août 2016 par la Caisse de dépôt et placement du Québec

Alors que les maires de Laval et de Longueuil se réjouissent de la décision du gouvernement Legault de demander à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) d’étudier le prolongement du Réseau express métropolitain (REM), la mairesse Valérie Plante s’inquiète de voir l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) être mise de côté. Pourtant, c’est à cet organisme que revient le mandat de planifier le transport dans la région de Montréal.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a confirmé lundi que la Caisse avait été chargée de réaliser des études sur le prolongement du REM vers le nord à Laval et vers le sud jusqu’à Chambly et Saint-Jean-sur-Richelieu.

Québec souhaite aussi que la Caisse évalue un nouveau système de transport collectif afin de relier l’est de Montréal et le secteur du cégep Marie-Victorin, dans le nord-est de la ville, au centre-ville.

« Encore une fois, le gouvernement est à l’écoute de nos revendications », a commenté le maire de Laval, Marc Demers, par voie de communiqué.

La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, a elle aussi salué la décision du gouvernement.

À Montréal, la mairesse Plante s’inquiète plutôt des impacts que ces prolongements pourraient avoir sur le réseau de métro et sur la planification des transports dans la grande région de Montréal. « Chaque fois qu’il est question de transport collectif, j’en suis heureuse. Ceci étant dit, je trouve ça très préoccupant que dans le cadre des annonces d’aujourd’hui, il semble qu’il n’y ait pas vraiment de compréhension de la situation sur le réseau actuel », a commenté Mme Plante. « Je pense qu’on [le gouvernement du Québec] ne comprend pas la réalité de la congestion sur la ligne orange. »

La mairesse se préoccupe aussi de la planification des projets en transport dans la région. « C’est inquiétant de donner des mandats directement à la CDPQ sans passer par l’ARTM. C’est pour ça que je demande — je dirais même que j’exige — que ça passe par l’ARTM », a-t-elle dit.

L’ARTM estime que le travail qu’effectuera la Caisse sera complémentaire au sien.

« À ma compréhension, le mandat qui est confié à CDPQ Infra est d’évaluer un nouveau mode de transport », a indiqué Simon Charbonneau, porte-parole de l’ARTM. « De notre côté, ce qui est fait ici ne repose pas de prime abord sur le mode, mais bien sur les besoins. […] Tout prolongement du REM va se faire dans un contexte de collaboration. »

Professeure au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, Florence Junca-Adenot prévient qu’il importe de déterminer les besoins en matière de transport avant de décider du mode choisi pour chacun des secteurs visés. L’ARTM doit d’ailleurs présenter un plan stratégique d’ici la fin de l’année 2019, rappelle-t-elle.

« C’est évident que de confier directement une étude à la Caisse de dépôt court-circuite un peu le processus d’examen qui est fait actuellement [par l’ARTM]. Il faut que ce soit coordonné », estime-t-elle.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Eric Girard, avait d’ailleurs été questionné sur la coordination des projets. « Ultimement, c’est le gouvernement qui tranche, conseillé par l’ARTM », avait-il dit.