Circuler en voiture sur le mont Royal restera possible

Selon l’Office de consultation publique de Montréal, l’accès au belvédère Camillien-Houde devrait être modifié afin que les usagers, qu’ils soient piétons, cyclistes ou automobilistes, puissent y entrer et en sortir de façon sécuritaire.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Selon l’Office de consultation publique de Montréal, l’accès au belvédère Camillien-Houde devrait être modifié afin que les usagers, qu’ils soient piétons, cyclistes ou automobilistes, puissent y entrer et en sortir de façon sécuritaire.

La mairesse Valérie Plante promet de respecter les recommandations de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) qui, dans un rapport rendu public jeudi, prône le maintien de la circulation de transit sur le mont Royal.

« La circulation sera possible sur Camillien-Houde, mais aujourd’hui, ce rapport signe la fin de l’autoroute Camillien-Houde », a indiqué la mairesse jeudi matin.

La Ville mettra en place certaines mesures pour inciter les automobilistes à ralentir cet été, en attendant les aménagements permanents destinés à rendre les lieux plus sécuritaires et à améliorer la cohabitation de différents usagers du parc du Mont-Royal.

Tôt jeudi, l’OCPM a rendu public son rapport de consultation sur le controversé projet-pilote mené par la Ville l’an dernier. Du 2 juin au 31 octobre 2018, la circulation de transit avait été interdite sur le mont Royal. Dès le départ, le projet a été perçu comme précipité, note l’OCPM.

Et selon l’organisme, les résultats de ce projet-pilote ont été décevants. La circulation de transit a certes diminué, mais le transport collectif et actif n’a pas connu la croissance attendue. « La cohabitation entre piétons, cyclistes et automobiliste circulant tous sur le même axe a continué d’être conflictuelle, d’autant que certains aménagements ou restrictions de parcours ont eu pour effet de l’exacerber », indique l’Office.

L’OCPM recommande donc à la Ville de maintenir la circulation automobile sur le mont Royal, mais de faire de la voie Camillien-Houde et du chemin Remembrance un « chemin de plaisance » qui s’intégrerait mieux à la vocation du parc du Mont-Royal. Il propose ainsi que la voie soit rétrécie et que les abords du chemin soient verdis par la plantation d’arbres. « Une voie rétrécie avec un champ visuel réduit aurait pour effet de décourager la vitesse automobile », croit l’OCPM.

Un plan à venir

L’accès au belvédère Camillien-Houde devrait aussi être modifié afin que les usagers, qu’ils soient piétons, cyclistes ou automobilistes, puissent y entrer et en sortir de façon sécuritaire. Rappelons que c’est dans ce secteur que le cycliste Clément Ouimet a été happé mortellement par un véhicule qui effectuait un virage en « u » le 4 octobre 2017.

Le nombre de places de stationnement à ce belvédère et à la maison Smith devrait y être réduit pour faire place à davantage de verdure, ajoute l’Office.

L’OCPM suggère aussi que des portails soient installés aux entrées pour marquer de façon plus claire qu’on pénètre dans un parc.

Même si elle reconnaît des lacunes dans la gestion de ce dossier, notamment en matière de communication et d’information au public, Valérie Plante croit que le projet-pilote a eu des effets positifs sur la sécurité et l’achalandage sur la montagne.

« Il n’y a eu aucun accident sur Camillien-Houde l’année dernière. Les services de la Ville ont observé une diminution de 75 % du nombre de véhicules en semaine et, donc, une amélioration significative de la sécurité pour les cyclistes et les piétons », a-t-elle expliqué.

La Ville mettra en place des mesures temporaires cet été pour assurer la sécurité des déplacements sur la montagne, mais le changement de vocation de la voie Camillien-Houde en chemin de plaisance prendra plus de temps. Un plan sera élaboré au cours des prochains mois, a promis la mairesse, qui n’a pas voulu s’avancer sur les détails de ces futurs aménagements.

Selon le chef de l’opposition, Lionel Perez, les conclusions du rapport de l’OCPM démontrent que l’administration a agi de façon intempestive sans tenir compte de la volonté des citoyens.

« On l’a dit depuis le début : ce dossier est un fiasco total à tous points de vue, a-t-il dit. L’OCPM confirme que c’était une consultation hâtive, polarisante et [son rapport montre] à quel point l’administration n’était pas à l’écoute des Montréalais et des Montréalaises. »

2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 3 mai 2019 06 h 51

    enfin peut être que né sounmis nous le demeurerons éternellement

    si par le passé on a pu amenager un tunnel pour les trains pourquoi ne pourrait on pas faire de meme pour protéger le mont royal ,des aurtomobiles et du stransport, n'est il pas le plus somptueux attraction de Montreal, serait ce qu'il n'en vaut pas la peine, le Mont Royal étant pourtant le poumon le plus important de Montreal digne des plus grandes villes du monde , sommes si colonisés que nous ne pouvons pas en prendre soin

  • Alain Gaudreault - Abonné 3 mai 2019 11 h 42

    Indiscipline et idéologie

    Sur un des plus beau parcours américain, le Skyline Drive et le Blue Ridge Parkway acceuillent voitures et cyclistes. La route est touristique, à vitesse réduite, très achalandée et règlementée par des interdictions de circuler sur un accottement plus que réduit. C'est la discipline de tous qui gère ce mouvement sur près de 1000 kilomètres. Sans voies divisées pour les uns et les autres. Sans murêts de béton. Et surtout, sans descentes en vitesse folle par des deux roues en mal de sensation. Les sensations sont dans la vue de cette nature et dans la contemplation. Les décisions sur l'avenir du chemin Camilien Houde - il n'a jamais été une autoroute malgré son achalandage à certains moments - devraient s'en inspirer et être bien comprises de ses usagers. Conducteurs du dimanche ou de petite semaine et «Terminators sur deux roues» inclus. Cette montagne et son chemin de traverse se doivent de relever du contemplatif partagé et non de l'idéologique, comme le sont devenues certaines rues désormais occupées de voitures en longues files à basse vitesse, dans la plus réduite fluidité à la suite de mesures dites d'apaisement. Allez voir sur Laurier à l'est de St-Laurent et maintenant sur Bellechasse, Beaubien et autant d'autres qui ont troqué leur fluidité pour la quasi immobilité et les gaz d'échappement faisant du sur-place. La mobilité ne se réalisera pas par l'immobilité.