La CAQ ne privera pas Montréal de fonds pour payer le tramway de Québec

La contribution du gouvernement fédéral dans le projet de transport structurant de la Ville de Québec est évaluée à 1,2 milliard.
Photo: Ville de Québec La contribution du gouvernement fédéral dans le projet de transport structurant de la Ville de Québec est évaluée à 1,2 milliard.

Le gouvernement de François Legault n’a pas l’intention de priver Montréal de fonds fédéraux qui lui sont destinés afin de financer le tramway à Québec. C’est ce qu’a assuré Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole, lors de l’étude des crédits budgétaires mercredi.

« Pour nous, il n’est pas question de déshabiller Pierre pour habiller Jacques », a soutenu la ministre Rouleau, alors qu’elle était questionnée par le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand.

Le dossier du transport a pris une grande place dans les discussions lors de l’étude des crédits budgétaires du ministère des Affaires municipales. La ministre a réitéré l’importance du Réseau express métropolitain (REM), du prolongement de la ligne bleue du métro et du Service rapide par bus (SRB), auxquels la Coalition avenir Québec (CAQ) a ajouté le projet de tramway de la rue Notre-Dame et le prolongement de la ligne jaune du métro.

La ministre a dit vouloir faire de la région métropolitaine un modèle en matière de mobilité « parce que jusqu’à maintenant, ce qu’on a connu, c’est l’immobilité », a-t-elle expliqué.

Rappelons qu’Ottawa a récemment fait savoir qu’il était disposé à assouplir les règles de partage du fonds destiné au transport collectif afin que les sommes non revendiquées par Montréal puissent être utilisées par d’autres villes, dont Québec et son projet de tramway.

Les projets de transport des deux villes demeurent prioritaires, assure Chantal Rouleau.

La ligne rose

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a pour sa part talonné la ministre au sujet du projet de ligne rose, cher à la mairesse de Montréal.

La ministre a rappelé qu’un comité d’orientation stratégique avait été mis sur pied avec l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) pour déterminer les projets à réaliser. Le gouvernement Legault compte d’ailleurs adopter un plan régional métropolitain en transport d’ici la fin de 2019. « Je n’ai pas à donner une couleur à la mobilité. Ce que je veux, c’est que la mobilité se fasse », a-t-elle dit.

« Ça ne sera pas le rose », en a conclu M. Bérubé.

La gouvernance de la CMM

Chantal Rouleau a aussi été invitée à clarifier la position du gouvernement Legault au sujet de la gouvernance de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). En mai 2018, lors d’un discours prononcé devant des élus municipaux alors qu’il était en campagne électorale, le chef caquiste avait formulé le souhait de revoir la gouvernance de la CMM afin de donner plus de poids aux villes du 450 quant à Montréal.

Près d’un an plus tard, ce scénario est maintenant écarté, a soutenu la ministre Rouleau. « La gouvernance n’est pas à l’ordre du jour parce que ce qui ressort de l’exercice depuis que nous sommes en place, c’est qu’avec la communication et le travail de collaboration avec les municipalités, on ne ressent pas le besoin de revoir la gouvernance », a-t-elle expliqué.

La ministre s’est également portée à la défense du projet de loi sur la laïcité que le conseil municipal de Montréal a dénoncé de façon unanime. En 2013, Chantal Rouleau s’était pourtant prononcée contre la charte des valeurs du gouvernement Marois.

Chantal Rouleau appuie le projet de loi 21 qui, dit-elle, est « modéré ». « Il est accepté par une très large majorité de Québécois et de Montréalais », a-t-elle dit. Selon elle, il n’affectera qu’une « très faible minorité ».

Les grenouilles

La ministre s’est également fait demander comment elle comptait favoriser le projet d’agrandissement du Port de Montréal à Contrecœur, tout en tenant compte des enjeux de protection de la rainette faux-grillon.

« Ces grenouilles-là mangent la poussière d’acier à longueur d’année et elles vivent. [L’aciérie] ArcelorMittal est là depuis 60 ans », a commenté la députée caquiste et ancienne mairesse de Contrecœur, Suzanne Dansereau.

La ministre Rouleau croit qu’il est possible de concilier l’enjeu environnemental et l’enjeu économique. « Les deux sont importants. […] Il y a moyen de trouver des solutions à ça », a-t-elle dit sans apporter plus de précisions sur les moyens pour y parvenir.