Pas de sanctions contre le maire de Hampstead et la conseillère d’Anjou

Le maire de Hampstead, William Steinberg, a essuyé de nombreuses critiques après avoir accusé le gouvernement caquiste de vouloir procéder à un «nettoyage ethnique» avec son projet de loi sur la laïcité.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Le maire de Hampstead, William Steinberg, a essuyé de nombreuses critiques après avoir accusé le gouvernement caquiste de vouloir procéder à un «nettoyage ethnique» avec son projet de loi sur la laïcité.

La Commission municipale du Québec (CMQ) ne sévira pas contre le maire de Hampstead, William Steinberg, et la conseillère d’arrondissement d’Anjou, Lynne Shand, à la suite des propos controversés qu’ils ont tenus au cours des dernières semaines. La Commission estime qu’elle n’a pas l’autorité pour se prononcer sur ces dossiers.

William Steinberg avait essuyé de nombreuses critiques après avoir accusé le gouvernement caquiste de vouloir procéder à un « nettoyage ethnique » avec son projet de loi sur la laïcité. L’élu avait qualifié de « raciste » le projet de loi. « C’est une tentative pour faire partir ceux qui pratiquent une religion minoritaire, pour ne laisser que les non-croyants et les chrétiens au Québec. C’est un nettoyage ethnique, pas avec un fusil, mais avec une loi », avait-il déclaré.

Le Code d’éthique et de déontologie de Hampstead stipule que les élus doivent « respecter les normes les plus strictes en matière d’honneur et d’intégrité dans l’exercice de leurs fonctions et ils doivent faire preuve de prudence dans la recherche de l’intérêt public ». Mais après avoir examiné le dossier, la CMQ en vient à la conclusion que les règles déontologiques de la municipalité « ne prohibent d’aucune manière » le comportement du maire.

La CMQ en vient au même constat dans le cas de Lynne Shand. En mars dernier, cette élue de l’arrondissement d’Anjou avait fait des commentaires jugés islamophobes sur son compte Facebook. Elle avait relaté avoir été soignée par une médecin voilée à l’occasion d’un examen ophtalmologique. « Si ce n’était pas de l’urgence, j’aurais refusé de me faire traiter par elle », a-t-elle écrit, avant de poursuivre avec diverses déclarations sur la communauté musulmane. L’élue s’était par la suite excusée, mais une plainte avait été déposée auprès de la CMQ par la présidente du conseil municipal de Montréal, Cathy Wong.

« Il importe de noter que cette conclusion ne concerne que la recevabilité des deux dossiers », prévient la CMQ dans un communiqué publié vendredi. « En aucun cas, elle ne peut constituer un jugement, un avis ou une opinion de la Commission sur l’acceptabilité des propos eux-mêmes. »

La semaine dernière, le conseil municipal de Montréal a approuvé une modification au code d’éthique et de conduite des élus montréalais afin d’interdire le profilage racial et social de la part des élus.