L’Hôtel de Ville de Montréal s’unit pour dénoncer le projet de loi 21

La mairesse Valérie Plante et le chef de l’opposition, Lionel Perez, ont fait une déclaration commune, lundi, en réaction au projet de loi 21. Cette déclaration prône une «laïcité ouverte» et accorde un soutien «indéfectible» aux employés de la Ville à ce chapitre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mairesse Valérie Plante et le chef de l’opposition, Lionel Perez, ont fait une déclaration commune, lundi, en réaction au projet de loi 21. Cette déclaration prône une «laïcité ouverte» et accorde un soutien «indéfectible» aux employés de la Ville à ce chapitre.

Le conseil municipal de Montréal a adopté à l’unanimité, lundi, une déclaration s’opposant au projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault. Proposée conjointement par la mairesse, Valérie Plante, et le chef d’opposition à l’hôtel de ville, Lionel Perez, cette déclaration prône une « laïcité ouverte » et accorde un soutien « indéfectible » aux employés de la Ville dans ce dossier.

« Montréal s’est construite sur différentes vagues migratoires et continue de l’être », a expliqué la mairesse lors de la séance du conseil municipal. Elle a alors invoqué les valeurs d’inclusion, de solidarité et d’ouverture qui, selon elle, caractérisent la métropole.

Lionel Perez estime que le projet de loi brime les libertés fondamentales. Il y a un peu plus de deux semaines, il avait d’ailleurs réclamé un statut particulier pour Montréal.

De confession juive et portant la kippa, M. Perez a eu un moment d’émotion lorsqu’il a pris la parole. « Il n’y a pas qu’une seule façon de vivre au Québec. Moi-même, je suis né à Montréal », a-t-il dit. « Je suis Québécois autant que tout le monde. […] Ma kippa n’est pas un affront à la laïcité, au contraire. C’est une preuve que le Québec évolue dans le respect de sa diversité. »

La déclaration qui a été adoptée sans dissidence souligne que le projet de loi 21 ne reflète pas la réalité de la société montréalaise, « qui est riche et unique en termes de culture et de diversité ».

Elle réaffirme la laïcité des règlements municipaux et accorde un soutien aux employés de la Ville qui pourraient être touchés par une interdiction du port de signes religieux, comme les policiers.

Cette déclaration n’est pas sans rappeler celle qu’avait adoptée à l’unanimité le conseil municipal en août 2013 alors qu’avec sa charte des valeurs, le gouvernement Marois entendait bannir les signes religieux dans la fonction publique.

Valérie Plante mise sur la commission parlementaire pour convaincre le gouvernement Legault de modifier le projet de loi. « On a bien l’intention d’utiliser ce moment pour parler des particularités et les réalités de Montréal », a-t-elle dit.

Il n'y a pas qu'une seule façon de vivre au Québec. [...] Ma kippa n'est pas un affront à la laïcité, au contraire. C'est une preuve que le Québec évolue dans le respect de sa diversité.

Lionel Perez estime qu’il est difficile pour une institution de lancer un appel à la désobéissance civile, mais il croit que le gouvernement doit être à l’écoute : « Je refuse de déclarer forfait. Je crois dans le pouvoir de la parole et dans les arguments convaincants afin de revoir le projet de loi pour qu’il y ait des amendements. »

Questionnée sur la position de Montréal qui tranche avec celle du reste du Québec, Valérie Plante a fait valoir que la région métropolitaine représentait quelque 4 millions de personnes, soit près de la moitié de la population du Québec.

La mairesse a aussi reproché au gouvernement d’avoir eu recours à la disposition de dérogation avant même qu’il y ait eu un débat.

La réputation de Montréal

À Québec, l’élue libérale Paule Robitaille a relayé à l’Assemblée nationale les inquiétudes de la mairesse Plante quant aux répercussions du projet de loi sur la réputation internationale de Montréal. « Une réputation prend du temps à s’établir, mais bien peu à s’effilocher », a-t-elle souligné, après avoir énuméré des publications internationales dans lesquelles le projet de loi 21 a eu « mauvaise presse ».

La ministre des Relations internationales, Nadine Girault, a reproché à son adversaire libérale de mener une « campagne de peur et de salissage ».

« On a toujours été vus comme une société accueillante et diversifiée. Je ne pense pas que ça va changer. Je ne suis pas inquiète », a-t-elle déclaré en commission parlementaire.


Avec Marco Bélair-Cirino