Valérie Plante dénonce la désinformation dans le débat sur la laïcité

Une internaute a affirmé à tort sur Facebook que la mairesse Plante a été aperçue dimanche à la manifestation contre le projet de loi sur la laïcité.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une internaute a affirmé à tort sur Facebook que la mairesse Plante a été aperçue dimanche à la manifestation contre le projet de loi sur la laïcité.

Valérie Plante a dénoncé vendredi les fausses informations relayées cette semaine sur les réseaux sociaux selon lesquelles elle avait participé à une manifestation contre le projet de loi sur la laïcité dimanche dernier.

« Je tiens à dénoncer ces tactiques qui n’ont pour but que de me discréditer et surtout d’envenimer le débat », a-t-elle indiqué alors qu’elle participait à une conférence de presse à l’hôtel de ville.

« C’est non seulement grave et très dérangeant, mais je vous dirais que ça me fait peur pour la suite. Qu’allons-nous inventer maintenant ? Où nous mènera ce débat ? »

Rappelons que, plus tôt cette semaine, une internaute a affirmé sur Facebook que la mairesse Plante avait été aperçue dimanche dernier à la manifestation contre le projet de loi sur la laïcité organisée par Adil Charkaoui, à Montréal, déclenchant un déluge de commentaires injurieux. L’auteure du message réclamait sa démission.

Or, la mairesse se trouvait plutôt en Amérique du Sud, où elle était en mission. Au journaliste de Radio-Canada qui lui signalait que Mme Plante était à Buenos Aires au moment de la manifestation, l’internaute à l’origine du message a eu ce commentaire : « Cela ne change absolument rien à ce que j’ai écrit, je le pense. »

Valérie Plante reconnaît que le sujet est délicat, mais elle juge que les attaques basées sur de fausses informations sont troublantes. « Nous avons, comme société, de nombreuses questions à nous poser », a-t-elle souligné avant d’inviter les citoyens à être vigilants au sujet des nouvelles relayées sur les réseaux sociaux.

« Je pense qu’il est peut-être plus facile de s’attaquer directement à une personne, bien que ses pouvoirs soient limités, plutôt que de s’attaquer à la vraie problématique. »

Le cas du maire de Hampstead

Valérie Plante a réitéré ses critiques à l’égard du maire de Hampstead, William Steinberg, qui, la semaine dernière, associait le projet de loi 21 du gouvernement Legault à une tentative de « nettoyage ethnique » sans armes, mais avec une loi, disait-il.

La mairesse, qui s’était fait reprocher son mutisme pendant près d’une semaine à ce sujet, a invoqué sa mission en Amérique du Sud pour expliquer son silence. « J’ai pour principe de ne pas utiliser les médias sociaux comme paravent pour me cacher », a-t-elle expliqué. « S’il y a des gens qui considèrent que j’aurais dû réagir plus tôt, j’en prends bonne note. L’intention n’était pas de me défiler ou de dire que ce n’était pas important, au contraire. »

« Je suis tout aussi indignée aujourd’hui que le jour où j’ai lu les propos de M. Steinberg », a-t-elle dit en réclamant de nouveau des excuses de sa part.

La mairesse estime que les propos de M. Steinberg et son refus de s’excuser détournent l’attention du réel débat qui devrait avoir lieu. « Ce que je souhaite, c’est qu’on s’éloigne de ce que M. Steinberg a dit et qu’on se concentre sur les gens qui sont réellement touchés par ce projet de loi, comme les étudiantes et les enseignantes. »

William Steinberg refuse toujours de s’excuser, mais en raison de la « tempête médiatique », il a décidé d’annuler la séance extraordinaire du conseil municipal d’Hampstead qui devait se tenir lundi soir pour entériner une résolution contre le projet de loi sur la laïcité. « Le conseil municipal veut que tous les arguments contre ce projet de loi soient entendus et débattus sans distractions inutiles », a précisé la Ville dans un communiqué. Cette résolution sera soumise aux élus à une date ultérieure « dans une atmosphère plus sereine ».

Laïcité ouverte

Bien qu’elle soit opposée au projet de loi 21, Valérie Plante assure que les employés de la Ville — les policiers notamment — s’y conformeront si jamais l’Assemblée nationale l’adoptait tel quel. Mais la mairesse compte bien faire valoir en commission parlementaire les « réalités » de Montréal et les principes de diversité et d’inclusion qui caractérisent la métropole.

Lundi, le conseil municipal de Montréal sera d’ailleurs appelé à voter une déclaration — proposée conjointement par la mairesse et par le chef de l’opposition, Lionel Perez — prônant la « laïcité ouverte » pour réitérer la « laïcité institutionnelle » de la Ville de Montréal et la liberté religieuse des individus.