Parc Jean-Drapeau: difficile de réduire le stationnement

Le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal critique la place importante qu’occupent les grands événements dans le parc au détriment des usagers qui cherchent des lieux de détente.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal critique la place importante qu’occupent les grands événements dans le parc au détriment des usagers qui cherchent des lieux de détente.

Tout en accueillant favorablement les recommandations du rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur l’avenir du parc Jean-Drapeau, le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez, admet qu’il ne sera pas facile de réduire les places de stationnement sur les deux îles.

Selon lui, le rapport de l’OCPM reflète bien les souhaits exprimés par les Montréalais pendant la consultation. « Ils veulent ravoir un parc. Ils veulent que l’aspect insulaire soit rapporté », a commenté M. Ferrandez.

Publié mercredi, le rapport de l’OCPM recommande que le parc Jean-Drapeau retrouve sa vocation de grand parc urbain et que son caractère naturel et ses espaces verts et bleus soient mis en valeur dans le prochain plan directeur d’aménagement. Il suggère aussi d’y réduire la place de l’automobile et le nombre de places de stationnement.

« Ça va être difficile de réduire le nombre de stationnements », a toutefois indiqué Luc Ferrandez. Le Casino possède son propre stationnement, et il faudra travailler fort pour convaincre La Ronde de renoncer aux siens, car ceux-ci représentent des revenus importants, a expliqué l’élu : « Le maire Bourque a signé une emphytéose de 65 ans avec La Ronde. […] Il faudra arriver avec des solutions innovantes avant de pouvoir dire qu’on va diminuer les stationnements. »

Le rapport critique aussi la place importante qu’occupent les grands événements dans le parc au détriment des usagers qui cherchent des lieux de détente. À ce sujet, la Ville pourrait mettre en place des règles plus restrictives pour les promoteurs d’événements comme Evenko ainsi que Piknic Électronik, qui occupe depuis deux ans la plaine des Jeux, prévient Luc Ferrandez. « Il faut travailler avec eux pour resserrer leur périmètre et garantir que les zones qu’ils occupent actuellement sont préservées », a-t-il insisté.

L’administration ne prévoit toutefois aucun changement pour la prochaine saison, mais elle entend discuter de cet enjeu lorsque les contrats arriveront à échéance. « Il ne s’agit pas d’étrangler Piknic Électronik avec des annonces de dernière minute, mais il va falloir travailler avec eux », a dit M. Ferrandez.

À ce sujet, Nicolas Cournoyer, cofondateur de Piknic Électronik, indique que des discussions sont en cours. Les événements ont été déplacés à la plaine des Jeux en raison des travaux sur l’amphithéâtre naturel, rappelle-t-il : « On est là pour une période transitoire en attendant un autre site. »

Il croit cependant en la cohabitation des usages. La place des Nations, située à la pointe de l’île Sainte-Hélène, représente peut-être la solution, avance-t-il.

L’enjeu de la gouvernance

Luc Ferrandez s’attend à ce que la Société du parc Jean-Drapeau présente un nouveau plan directeur en 2020. Il dit faire confiance au nouveau conseil d’administration dirigé par Renaud Coulombe. La question de la gouvernance demeure toutefois complexe.

« Ça prend un travail de surveillance mutuelle et de transparence pour s’assurer que ni d’un côté ni de l’autre on ne déroge des orientations d’un plan directeur sous la pression des lobbys. »

Au sujet de la « gouvernance participative » évoquée dans le rapport de l’OCPM, Luc Ferrandez doute qu’un modèle regroupant les partenaires comme le Casino ou La Ronde, qui ont un intérêt dans les décisions prises, reflète réellement la volonté des Montréalais. « Il faut vraiment regarder la question en profondeur. »