Revaloriser la nature au parc Jean-Drapeau

L’accroissement de la fréquentation du parc doit demeurer un objectif, mais pas au détriment de la vocation nature du parc et sa préservation, estime l’Office de consultation publique de Montréal.
Photo: Pierre Lahoud L’accroissement de la fréquentation du parc doit demeurer un objectif, mais pas au détriment de la vocation nature du parc et sa préservation, estime l’Office de consultation publique de Montréal.

Le parc Jean-Drapeau devrait retrouver sa vocation de grand parc urbain afin que son caractère naturel et ses espaces verts et bleus soient mis en valeur, estime l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

Dans un rapport qui sera rendu public mercredi, l’organisme plaide notamment pour une réduction de la circulation automobile et du nombre de places de stationnement sur les deux îles.

En vue de l’élaboration du plan directeur d’aménagement et de développement du parc Jean-Drapeau pour les dix prochaines années, l’Office avait tenu une série de consultations l’an dernier. À la lumière de ces travaux, l’OCPM a formulé dix-neuf recommandations, dont la première vise à réactualiser un plan directeur élaboré en 1993, mais dont plusieurs grands principes ont été ignorés par la suite.

Sous l’administration de Denis Coderre, deux projets majeurs d’investissements totalisant 140 millions ont été autorisés pour la construction d’un amphithéâtre de 65 000 places et de nouveaux paddocks au circuit Gilles-Villeneuve. Dans l’opération, un millier d’arbres ont été abattus et deux plans d’eau ont disparu.

« Ces gestes apparaissent irréversibles, mais la commission estime qu’ils pourraient tout de même être suivis de gestes qui minimiseront les impacts environnementaux de ces aménagements » souligne l’OCPM.

Lors des consultations, plusieurs organismes avaient mis l’accent sur l’importance des attraits événementiels du parc qui contribuent à sa notoriété. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain avait même recommandé que le parc devienne « le terrain de jeu de la métropole ».

Mais les festivals et spectacles qui accaparent des espaces importants chaque été ont des impacts environnementaux non négligeables et causent des inconvénients aux autres usagers du parc : chemins détournés, terrains clôturés et bruit. L’accroissement de la fréquentation du parc doit demeurer un objectif, mais pas au détriment de la vocation nature du parc et sa préservation, estime l’OCPM.

La Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) doit notamment diversifier son offre, proposer des activités abordables pour attirer les familles et favoriser le caractère public du parc.

Elle doit aussi encourager les transports collectifs et actifs sur les îles en améliorant le réseau cyclable et en réduisant le nombre de stationnements pour permettre l’aménagement d’une promenade riveraine. À l’heure actuelle, le parc compte 15 stationnements pour un total de 8158 places.

Rappelant les critiques formulées par le Vérificateur général en 2012 et celles du Bureau de l’inspecteur général en 2015, l’OCPM recommande de mettre en place une « réelle gouvernance transparente » à la SPJD.

À cet égard, l’Office plaide pour un changement de culture. Le parc doit revenir dans le giron de l’administration municipale et la Ville pourrait envisager la mise en place d’un organisme à but non lucratif similaire aux Amis de la montagne ou à la Central Park Conservancy à New York pour gérer le parc, soutient l’OCPM.

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