Le maire d’Hampstead refuse de s’excuser pour ses propos

Le maire de Hampstead, William Steinberg, refuse de s’excuser pour ses propos associant le projet de loi sur la laïcité à une forme de nettoyage ethnique.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le maire de Hampstead, William Steinberg, refuse de s’excuser pour ses propos associant le projet de loi sur la laïcité à une forme de nettoyage ethnique.

Malgré les appels lancés par de nombreux politiciens dont le premier ministre, le maire de Hampstead refuse de s’excuser pour ses propos associant le projet de loi sur la laïcité à une forme de nettoyage ethnique.

Joint en soirée mardi, William Steinberg a dit qu’il ne s’excuserait pas et qu’on l’avait mal compris. «Je parlais de nettoyage ethnique non pas par les armes mais par la loi», a-t-il dit. «J’aurais peut-être dû parler de «nettoyage ethnique pacifique». […] Je ne parlais pas de violence, de la Serbie ou d’ailleurs. Je parlais des effets de cette loi.»

Vendredi dernier, il avait qualifié de « raciste » le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault. « C’est une tentative pour faire partir ceux qui pratiquent une religion minoritaire, pour ne laisser que les non-croyants et les chrétiens au Québec. C’est un nettoyage ethnique, pas avec un fusil, mais avec une loi », avait-il dit. 

Mardi, des politiciens de toutes allégeances l’avaient invité à s’excuser. À l’hôtel de ville de Montréal, le chef de l’opposition, Lionel Perez, a qualifié ses propos d’«inacceptables» et d’«odieux». «Comme élu, il a l’obligation de peser ses mots et d’utiliser des propos modérés », a commenté le chef d’Ensemble Montréal. « Lorsqu’on parle de « nettoyage ethnique », on évoque vraiment des meurtres, des tueries, qu’on parle du Rwanda, de Bosnie-Herzégovine ou d’autres génocides. »

Mardi, au parlement, plusieurs autres élus ont aussi invité M. Steinberg à retirer ses propos, incluant le libéral David Birnbaum, qui représente la circonscription de D’Arcy-McGee, où se trouve Hampstead. « [Le maire] s’est mal exprimé, d’une façon très malheureuse qui m’a blessé », a-t-il déclaré. À un journaliste qui lui demandait en quoi ces propos étaient « blessants », M. Birnbaum a répondu : « Parce que c’est notre Québec, ici. C’est une société qu’on aime. On est tolérants, on est ouverts au monde. »

Chez Québec solidaire, Manon Massé a dit qu’il s’agissait de « phrases irresponsables » dont on devait mesurer les impacts négatifs. Pour Pascal Bérubé, du Parti québécois, M. Steinberg a tenu vendredi dernier des « propos profondément honteux ».

Le premier ministre, François Legault, a quant à lui de nouveau lancé un « appel au calme » et soutenu que M. Steinberg devait s’excuser. « Je comprends qu’il y a des gens qui ont des opinions différentes, mais on peut débattre de façon respectueuse », a-t-il fait valoir. « Les Québécois sont des gens accueillants, [ils] ont le droit de demander qu’au Québec, les personnes qui travaillent pour le gouvernement, qui sont en autorité ne portent pas de signes religieux. »