Montréal se prépare à l’arrivée des trottinettes et vélos en libre-service

Les trottinettes électriques en libre-service et les vélos sans ancrage sont déjà présents dans plusieurs villes à travers le monde où, selon l’administration municipale de Montréal, ils causent des problèmes qu’on ne veut pas connaître ici.
Photo: Gabriel Bouys Agence France-Presse Les trottinettes électriques en libre-service et les vélos sans ancrage sont déjà présents dans plusieurs villes à travers le monde où, selon l’administration municipale de Montréal, ils causent des problèmes qu’on ne veut pas connaître ici.

Des trottinettes électriques en libre-service et des vélos sans ancrage pourraient débarquer à Montréal dès cet été. Afin de s’y préparer, la Ville a élaboré un règlement pour encadrer ce service.

Bien que les trottinettes ne soient pas encore autorisées sur les routes du Québec, la Ville de Montréal a voulu prendre les devants, d’autant que Québec s’apprête à adopter un décret pour permettre la circulation de ces véhicules sur le chemin public dans le cadre d’un projet-pilote.

Le projet de règlement de la Ville, qui devrait entrer en vigueur à la fin d’avril, porte plus spécifiquement sur les « véhicules non immatriculés en libre-service sans ancrage », qu’ils soient électriques ou non, ce qui inclut les trottinettes et les vélos en libre-service n’ayant pas besoin de bornes, contrairement aux Bixi.

Québec légifère sur la circulation de ces véhicules sur les routes, mais Montréal doit déterminer où ceux-ci pourront être garés. « Il faut absolument contrôler les nuisances que peuvent avoir ces véhicules », a expliqué mercredi le responsable du transport au comité exécutif, Éric Alan Caldwell. « Dans d’autres villes dans le monde, il y a des problèmes. Des vélos et des trottinettes traînent sur le trottoir. Ils entravent le passage et peuvent être une nuisance importante, entre autres pour l’accessibilité universelle. […] On ne veut pas ça à Montréal. »

Le règlement préparé par la Ville interdira notamment la circulation des trottinettes sur les trottoirs, comme c’est déjà le cas pour les vélos. Ces véhicules devront être garés dans des aires leur étant destinées situées au centre-ville. Ils pourront également être laissés dans certaines zones de dégagement de 5 mètres aux intersections, là où le stationnement pour voitures est déjà interdit.

Quant aux vélos, il sera possible de les attacher aux supports à vélos publics dans 19 arrondissements.

Monopole de Bixi

Comme ces vélos et trottinettes sont dotés de GPS, les entreprises devront s’assurer qu’ils sont garés aux bons endroits et intervenir si ce n’est pas le cas, faute de quoi elles pourraient se voir imposer des constats d’infraction. « On veut responsabiliser les fournisseurs », a dit M. Caldwell.

Les exploitants devront obtenir un permis — au coût de 15 000 $ à 27 500 $ — avant de pouvoir déployer leurs véhicules.

Plusieurs entreprises ont déjà manifesté leur intérêt à s’implanter à Montréal, dont Uber, partenaire de Lime (trottinettes) et de Jump Bikes (vélos).

L’arrivée de vélos sans ancrage menace le monopole de Bixi, mais Éric Alan Caldwell soutient ne pas craindre pour l’avenir du service public créé à Montréal il y a 10 ans. « La force de Bixi, c’est qu’il y a un contrôle de l’offre, avance-t-il. Le modèle d’affaire de Bixi est solide. Sa compétitivité est, à notre avis, inégalée. Bixi va demeurer l’option privilégiée pour beaucoup de Montréalais. »