Montréal invitée à hausser le nombre de brigadiers scolaires

À l’heure actuelle, le nombre d’intersections dotées de brigadiers s’élève à 521 à Montréal pour un budget de 9 millions.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir À l’heure actuelle, le nombre d’intersections dotées de brigadiers s’élève à 521 à Montréal pour un budget de 9 millions.

Montréal devrait revoir à la hausse le budget accordé à l’embauche de brigadiers scolaires afin de mieux répondre aux besoins grandissants des écoles du territoire, recommande la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal. Celle-ci suggère aussi que des brigadiers puissent être en poste lors des journées pédagogiques.

La Commission, présidée par le conseiller Alex Norris, a adopté mardi matin, à la majorité, une série de recommandations sur les brigadiers scolaires, dont le nombre n’a pas augmenté depuis 20 ans à Montréal malgré la hausse de fréquentation des écoles.

Les élus recommandent notamment que le budget destiné à ce service soit « revu » afin de mieux refléter les besoins des établissements scolaires. « J’ai confiance qu’avec cette recommandation, il y aura une augmentation du budget consacré aux brigadiers scolaires », a commenté Alex Norris.

À l’heure actuelle, le nombre d’intersections dotées de brigadiers s’élève à 521 à Montréal et le SPVM accorde un budget de près de 9 millions pour ces effectifs. Lors de la consultation tenue en février dernier, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) avait fait valoir qu’au cours des 10 dernières années, sa population d’élèves avait bondi de 21,78 %. Elle avait alors prôné une hausse de 22 % du nombre de brigadiers sur son territoire.

La Commission de la sécurité publique a aussi fait écho à deux autres demandes de la CSDM, soit de maintenir le service de brigadiers scolaires lors des journées pédagogiques et d’arrimer l’horaire des brigadiers à celui des écoles desservies, ce qui n’est pas toujours le cas actuellement.

Réviser les critères d’analyse

Les élus pressent aussi le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui gère le service de brigadiers scolaires, d’affiner et de moderniser les critères d’analyse de risque aux intersections, en travaillant de façon plus étroite avec les experts en santé publique et en portant une attention particulière à la complexité des interactions entre piétons, cyclistes, automobilistes et camionneurs aux intersections concernées.

La majorité des membres de la commission ont appuyé les recommandations. Le conseiller de l’opposition Abdelhaq Sari a cependant déposé un rapport minoritaire, jugeant que la Commission aurait dû demander un accroissement sans équivoque du budget des brigadiers scolaires. L’élu d’Ensemble Montréal estime que la clarté aurait dû être privilégiée, d’autant que le SPVM a affirmé en février dernier que la hausse de fréquentation scolaire n’était pas nécessairement proportionnelle au nombre de brigadiers scolaires. « Cette citation m’a inquiété, a-t-il dit. Je ne peux pas laisser le SPVM roi et maître pour augmenter ou pas le nombre de brigadiers. »

Abdelhaq Sari a soutenu que, dans plusieurs dossiers comme ceux des pistolets à impulsion électrique et des caméras portatives, l’administration Plante semblait craindre de déplaire au SPVM.

Cette prise de position a donné lieu à un échange acerbe entre le conseiller Sari et Alex Norris. Le président de la Commission a reproché à M. Sari d’avoir changé d’opinion au fil des discussions et de faire preuve de partisanerie mal placée. « Ça vous permet d’augmenter votre profil médiatique, peut-être ? » Abdelhaq Sari a rétorqué ne pas « être une personne à Kodak ».