Montréal propose 22 mesures pour mieux protéger les piétons et les cyclistes

L’approche Vision zéro prône l’implantation de mesures pour protéger les plus vulnérables de la route, soit les piétons et les cyclistes.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir  L’approche Vision zéro prône l’implantation de mesures pour protéger les plus vulnérables de la route, soit les piétons et les cyclistes.

Le bilan de la sécurité routière s’est amélioré sur l’île de Montréal au cours de la dernière décennie, mais la Ville croit qu’elle peut faire mieux. L’administration Plante compte notamment réduire à 40 km/heure la vitesse sur les artères problématiques, revoir la carte du camionnage et améliorer les traversées piétonnes.

L’approche Vision zéro, adoptée sous l’administration de Denis Coderre, prône l’implantation de mesures pour protéger les plus vulnérables de la route, soit les piétons et les cyclistes. Ce concept, élaboré en Suède, stipule que tout décès ou blessure grave sur les routes est inacceptable.

Le plan d’action dévoilé lundi par la mairesse Plante prévoit 22 actions qui seront implantées au cours des prochaines années afin de réduire le nombre de collisions sur la route. Montréal mettra l’accent sur trois éléments : les poids lourds, la traversée des rues et la vitesse.

Certains disent que la Vision zéro est utopique, mais du point de vue éthique, elle est la seule cible raisonnable

Ainsi, la Ville embauchera 7 personnes supplémentaires pour l’équipe du programme Vision zéro. Ce groupe aura pour tâche d’analyser, en collaboration avec le Service de police de la Ville de Montréal et le Bureau du coroner, les endroits où des collisions sont survenues et de proposer des modifications afin d’éviter la répétition d’événements malheureux. « On ne veut pas refaire les rues à l’identique », a souligné la mairesse.

Les camions dans la mire

Parmi les mesures proposées, Montréal entend notamment doter de feux piétons à décompte numérique toutes les intersections comportant des feux de circulation. Elle réduira à 40 km/h la vitesse sur les artères où des enjeux de sécurité pour les plus vulnérables ont été observés.

Les camions sont aussi dans la mire de l’administration, qui entend revoir la carte de camionnage à l’échelle de l’agglomération en 2021. Elle exigera également des fournisseurs de la Ville qu’ils dotent leurs véhicules lourds de barres latérales de protection. « Mais on interpelle toujours le gouvernement du Québec et celui du Canada pour que l’ensemble des camions qui circulent à Montréal, et partout à travers la province, aient des barres latérales. C’est une mesure assez peu dispendieuse qui pourrait sauver des vies », a expliqué la mairesse.

La Ville prévoit également mettre en place un programme de sécurisation aux abords des écoles, améliorer l’éclairage sous les viaducs et même augmenter la taille des plaques des noms de rue pour les rendre plus visibles si elle juge concluant le projet-pilote mené dans Ahuntsic-Cartierville.

Entre 2006 et 2017, le nombre de décès et de blessés graves sur le territoire de l’agglomération est passé de 530 à 212. En moyenne, 14 piétons meurent chaque année.

« Certains disent que la Vision zéro est utopique, mais du point de vue éthique, elle est la seule cible raisonnable », a indiqué Éric Alan Caldwell, responsable du transport au sein de l’administration Plante.

Une trentaine d’organisations ont été consultées dans l’élaboration de ce plan. Parmi elles, le CAA-Québec, l’Association du camionnage du Québec, Piétons Québec, Vélo Québec et la Société de l’assurance automobile du Québec.