La Ville refuse de reporter le projet de centre de compostage

La Ville de Montréal a décidé, la semaine dernière, d’accorder un contrat de 175 millions à l’entreprise Suez Canada Waste Services pour la construction d’un centre de compostage dans Saint-Laurent.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La Ville de Montréal a décidé, la semaine dernière, d’accorder un contrat de 175 millions à l’entreprise Suez Canada Waste Services pour la construction d’un centre de compostage dans Saint-Laurent.

Les maires des villes liées ont demandé — en vain — à l’administration de Valérie Plante de retarder l’octroi du contrat de 175 millions pour la construction d’un centre de compostage dans l’arrondissement Saint-Laurent.

Les élus des 15 villes défusionnées de l’île de Montréal soutiennent qu’ils n’ont eu que peu d’informations concernant ce coûteux projet, auquel leurs municipalités devront contribuer pour un montant de près de 30 millions.

En novembre dernier, la Ville avait admis que les coûts des cinq centres de compostage et de biométhanisation qu’elle veut construire avaient explosé.

Elle a finalement décidé, la semaine dernière, de procéder par étapes et d’accorder un seul contrat, soit celui de 175 millions à l’entreprise Suez Canada Waste Services pour la construction d’un centre de compostage dans Saint-Laurent, et de reporter la construction des autres usines. Le centre devrait être inauguré en septembre 2021.

Trop cher

Les maires des villes liées s’interrogent compte tenu des coûts beaucoup plus élevés que prévu.

« Notre stratégie est basée sur une planification vieille de 10 ans. Est-ce que c’est toujours la bonne stratégie ? » se demandait lundi Beny Masella, maire de Montréal-Ouest, entouré de collègues des autres villes liées. « Quand on regarde l’ampleur de l’investissement, soit 175 millions, ça vaut la peine de regarder le dossier en profondeur avant d’aller de l’avant. C’est beaucoup trop cher. »

Les maires ont demandé à l’administration Plante de reporter sa décision d’un mois. Une rencontre est prévue jeudi avec le responsable du développement durable, Jean-François Parenteau, à quelques heures de l’assemblée du conseil d’agglomération, mais selon M. Masella, les élus auraient besoin de plus de temps pour prendre une décision éclairée.

Jean-François Parenteau estime que les maires de villes liées ont « tout en main pour prendre une décision éclairée ». « On est à l’étape où il faut avancer et s’assurer qu’on peut rapidement offrir un service », a-t-il dit. « Ce n’est pas un nouveau projet. Ça date de dix ans. Il était inscrit au Programme triennal d’immobilisations. On arrive maintenant à l’étape de l’exécution. »

Selon lui, il est important de traiter les matières organiques dans des usines sur l’île de Montréal pour éviter des transports inutiles. M. Parenteau avance que Montréal ne peut faire affaire avec des usines à l’extérieur de son territoire, comme l’a fait Longueuil, compte tenu de la quantité de matières qu’elle devra traiter.

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, accuse l’administration d’avoir manqué de transparence dans ce dossier. Avec les frais d’expropriation requis, la facture grimpe à près de 200 millions, a-t-il signalé.

Un appel d’offres dirigé, estime le BIG

L’appel d’offres rédigé pour la construction du bassin du futur Complexe aquatique de Rosemont n’a pas favorisé la libre concurrence, estime le Bureau de l’inspecteur général de Montréal (BIG) dans un rapport rendu public lundi.

À l’origine, l’équipe de projet de la Ville avait choisi un type de bassin en béton recouvert de céramique. Elle a cependant changé d’idée sur les conseils de deux professionnels, soit Réjean Savard, spécialiste aquatique de la firme GBI Experts-conseils, et Daniel Fontaine, architecte de la firme Poirier Fontaine Architectes (PFA). Ceux-ci ont recommandé des bassins de type modulaire comme ceux fabriqués par l’entreprise Myrtha Pools. L’enquête du BIG a révélé que les exigences de l’appel d’offres favorisaient Myrtha Pools, les autres fournisseurs pouvant difficilement se qualifier. L’inspectrice générale recommande que l’appel d’offres soit modifié de façon à ce qu’il respecte le cadre normatif en vigueur et que les firmes PFA et GBI ne soient pas impliquées dans le dossier des bassins de piscines à la suite de l’appel d’offres.

Formule électrique: Plante garde le cap face aux poursuites

Poursuivie personnellement par les promoteurs de la Formule E pour 24,8 millions de dollars, la mairesse Valérie Plante a affirmé lundi qu’elle ne se laisserait pas intimider « par ces multimillionnaires du divertissement ».

En juin dernier, Formula E Operations (FEO) et le syndic à la faillite de Montréal c’est électrique (MCE), PricewaterhouseCoopers, avaient déposé une poursuite de 33 millions visant la mairesse et la Ville de Montréal. La somme a été réduite à 24 millions depuis et le syndic s’est retiré du dossier, mais la poursuite contre la Ville et la mairesse par FEO est maintenue. Les frais d’avocats pour défendre la Ville et la mairesse ont maintenant atteint 600 000 $.

Questionnée à ce sujet lundi, Valérie Plante a réitéré la nécessité d’annuler la tenue de la course de Formule E en 2019. « Quand on sait qu’il y a 24 millions de dollars qui ont été engloutis dans cet événement, que ç’a été mal géré et que, semble-t-il, il y a eu de l’ingérence, je pense qu’on fait bien d’aller de l’avant », a-t-elle expliqué. « Je ne me laisserai pas intimider par ces gens-là », a-t-elle déclaré.