Festivals: la mairesse de Montréal interpelle Québec et Ottawa

Le Quartier des spectacles et sa place des Festivals — aménagés en 2009 au coût de 200 millions de dollars — ont connu d’importants changements au cours de la dernière décennie.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Quartier des spectacles et sa place des Festivals — aménagés en 2009 au coût de 200 millions de dollars — ont connu d’importants changements au cours de la dernière décennie.

Alors que les dirigeants des grands festivals montréalais interpellaient, une fois de plus, la Ville de Montréal lundi dans une lettre ouverte publiée dans La Presse +, la mairesse Valérie Plante a, pour sa part, renvoyé la balle dans le camp de Québec et d’Ottawa, les sommant tous les deux de faire preuve d’une plus grande écoute et d’un meilleur soutien à l’égard de ces événements d’envergure.

« La Ville de Montréal en fait déjà beaucoup pour soutenir notre scène culturelle, tant au niveau des ressources financières que matérielles », a tenu à rappeler la chef de Projet Montréal interrogée sur la question lundi, quelques heures à peine après la publication du cri du coeur lancé par les promoteurs des festivités de la place des Festivals.

Loin de le voir comme une attaque à l’endroit de son administration, Valérie Plante en a profité pour réitérer son soutien à l’endroit des dirigeants des festivals, soulignant que la Ville continuera de porter leur message auprès des autres instances politiques « parce que cette industrie est ce qui fait littéralement battre le coeur de Montréal ». À ce sujet, tant Québec qu’Ottawa ont déjà indiqué qu’ils étaient ouverts à la discussion, sans pour autant s’engager dans la mise en place de solutions concrètes.

« Je suis du même avis que les signataires de cette lettre, a-t-elle assuré. Nous comprenons qu’ils sont à bout de souffle et nous allons continuer d’être au rendez-vous pour les aider. Parce que c’est vrai que Montréal se démarque pour toutes sortes de raisons — c’est une ville étudiante, une ville portuaire, une ville dynamique… —, mais il ne faut pas oublier que c’est aussi sa scène culturelle qui est célébrée partout à travers le monde. Il faut en prendre soin et s’assurer qu’elle puisse continuer à grandir ! »

En ce sens, la mairesse a d’ailleurs rappelé que, depuis l’entrée en poste de son équipe en novembre 2017, une série de comités de travail a été mise sur pied en collaboration avec les différents organisateurs des festivals dans l’optique de trouver des solutions aux problèmes soulevés par ces derniers au cours des derniers mois. « Il est encore trop tôt pour s’avancer sur d’éventuelles solutions », a-t-elle toutefois précisé en ajoutant que, tant les pouvoirs publics que le secteur privé — également interpellé par les promoteurs lundi — devront cependant faire preuve de beaucoup de créativité dans les années à venir.

Quartier changeant

Coeur battant de la métropole, le Quartier des spectacles et sa place des Festivals — aménagés en 2009 au coût de 200 millions de dollars — ont connu d’importants changements au cours de la dernière décennie, à mesure que de nouveaux promoteurs immobiliers et commerces sont venus s’installer dans ce secteur névralgique. À un point tel que, dix ans plus tard, les dirigeants des grands festivals estiment que le quartier est victime de son succès.

« [Les dirigeants d’événements] sont aujourd’hui contraints de faire valoir ensemble la contrepartie de cet essor fulgurant et de le constater froidement : l’avenir des festivals avec un grand volet gratuit […] est moins assuré que jamais », peut-on ainsi lire dans cette lettre cosignée par cinq leaders du monde des festivals, du tourisme et des affaires, dont Jacques-André Dupont, président-directeur général du Festival international de jazz de Montréal, des Francos de Montréal et de Montréal en lumière.

En plus des pertes de revenus enregistrées au cours des dernières années, ceux-ci soulignent également que cette pression de plus en plus forte les force également, année après année, à faire preuve de toujours plus d’inventivité, notamment pour entreposer leur matériel dans un espace en voie de disparition. La Ville assure travailler activement pour trouver une solution à cette épineuse question.