Mont Royal: participation record aux consultations

L'Office de consultation publique de Montréal a constaté que 58,7% des répondants considéraient que la tenue du projet-pilote interdisant la circulation de transit était une «très mauvaise idée».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'Office de consultation publique de Montréal a constaté que 58,7% des répondants considéraient que la tenue du projet-pilote interdisant la circulation de transit était une «très mauvaise idée».

La consultation menée au cours des derniers mois par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) au sujet de la circulation automobile sur le mont Royal a connu un tel engouement que le rapport devra être remis un peu plus tard que prévu, soit en mars ou en avril.

L’OCPM indique avoir enregistré 12 000 participations au fil des derniers mois concernant le controversé projet-pilote qui, du 2 juin au 31 octobre, a interdit aux automobilistes de traverser la montagne. L’organisme a reçu près de 2000 mémoires et opinions, dont certains ont été présentés aux commissaires lors d’audiences publiques alors que d’autres ont été soumis en ligne.

« Douze mille participations, c’est plus que le double que notre record, qui avait été enregistré pour la consultation sur l’avenir du parc Jean-Drapeau », a souligné Anik Pouliot, responsable des communications à l’OCPM.

Colliger toutes ces informations prendra du temps, admet-elle. Ainsi, alors qu’à l’origine, le rapport devait être déposé au début de l’année 2019, il le sera plutôt au printemps, en mars ou en avril, a signalé Mme Pouliot.

Rapport attendu

En attendant les conclusions des commissaires, Valérie Plante promet de « respecter » les recommandations que fera l’Office. La question de la circulation de transit est au coeur de la polémique.

« C’est sûr que si l’OCPM nous dit de maintenir le transit, nous allons devoir les écouter », a expliqué la mairesse lundi. « Mais je devrai aussi considérer l’aspect de la sécurité parce qu’on sait que plus il y a de voitures, plus il y a de chances que des virages en U soient effectués. »

C’est le décès du cycliste Clément Ouimet, le 4 octobre 2017, qui avait incité la Ville à réfléchir à l’amélioration de la sécurité sur la montagne. Au printemps dernier, l’administration Plante a lancé un projet-pilote d’une durée de quatre mois, pendant laquelle la circulation de transit a été interdite. Au cours des derniers mois, l’OCPM a invité les citoyens à formuler leur opinion, non seulement en présentant un mémoire devant les commissaires, mais en répondant à un questionnaire en ligne.

L’Office a constaté que 58,7 % des répondants considéraient que la tenue du projet-pilote interdisant la circulation de transit était « une très mauvaise idée ». La majorité des répondants ont convenu que ce projet-pilote avait réduit le nombre de véhicules sur la montagne, mais 48,4 % d’entre eux ont estimé que la sécurité des différents usagers ne s’était pas améliorée.

Les caméras des policiers

L’administration Plante entend par ailleurs demander à la Commission de la sécurité publique de se pencher l’an prochain sur le port de caméras portatives par les policiers du Service de police de la Ville de Montréal.

Questionnée par le conseiller de l’opposition Abdelhaq Sari lors de l’assemblée du conseil municipal, la responsable du dossier de la sécurité publique au comité exécutif, Nathalie Goulet, a prévenu qu’il pourrait être très coûteux de munir tous les policiers de caméras. « Il y a des applications budgétaires importantes qui seraient associées à ce projet », a-t-elle précisé.

En 2016 et en 2017, dans le cadre d’un projet-pilote, une cinquantaine de policiers ont été munis de caméras corporelles. Un rapport a été remis à la Ville de Montréal et il sera rendu public lors des audiences de la commission.

Le conseiller Sari estime que les caméras pourraient être utiles pour augmenter la transparence et prévenir le profilage racial.

Brigitte Bishop devient inspectrice générale

Le conseil municipal a entériné à l’unanimité, lundi, la nomination de Me Brigitte Bishop comme inspectrice générale de la Ville de Montréal. Me Bishop prend le relais de Me Denis Gallant, qui a dirigé le Bureau de l’inspecteur général (BIG) de 2014 jusqu’en juillet dernier.

Me Bishop a auparavant occupé les fonctions de procureure au Directeur des poursuites criminelles et pénales pendant plus de 27 ans et a été membre d’équipes spécialisées en poursuites criminelles, notamment celles qui ont traité les dossiers des motards.

Me Bishop est devenue inspectrice générale adjointe en 2017 avant de diriger le BIG de façon intérimaire après le départ de Me Gallant. « C’est clair que mon mandat se fera dans la continuité », a-t-elle indiqué en mêlée de presse lundi. « Nous allons maintenir la pression dans notre lutte contre la corruption et pour l’intégrité. Nous allons faire de la surveillance de chantiers et avoir une présence dissuasive sur le terrain. » Me Bishop compte notamment examiner de plus près le dossier des sols contaminés. Son mandat sera d’une durée de 5 ans.