Québec et Montréal remettent la modernisation de la rue Notre-Dame au programme

La mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ressuscitent le projet de modernisation de la rue Notre-Dame, après plus de quatre décennies de tergiversations. Dans le cadre d’un plan de revitalisation de l’est de Montréal, la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, et la mairesse Valérie Plante ont annoncé, vendredi, la création d’un bureau de projet pour réaménager cette artère.

Maintes fois annoncé, le projet de la rue Notre-Dame avait été tabletté en 2010 après que ses coûts eurent explosé, passant de 750 millions de dollars à 1,5 milliard.

La Coalition avenir Québec (CAQ) avait fait du développement de l’est de la métropole une priorité en campagne électorale. « Nous nous occupons enfin et très sérieusement de l’est de Montréal », a déclaré d’entrée de jeu la ministre Rouleau, vendredi, lors d’une conférence de presse en compagnie de la mairesse Plante.

Les partenaires disent vouloir faire de la rue Notre-Dame un « boulevard urbain et moderne », du pont Jacques-Cartier à la pointe de l’île, avec un aménagement particulier pour le port de Montréal.

Chantal Rouleau a précisé que le gouvernement souhaitait réduire la congestion et la pollution dans un projet qui comporterait un système de transport efficace, tel un tramway. L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) travaille déjà à ce projet, a-t-elle dit.

Les coûts du projet ainsi que l’échéancier de réalisation demeurent toutefois inconnus. La ministre assure que ces éléments seront dévoilés au cours des prochains mois. « Ça fait 40 ans qu’on en parle, a-t-elle rappelé. Il y a énormément de travail qui a été fait. Il y avait eu un consensus qui avait été établi pour en faire un boulevard urbain. Ça s’est arrêté là. On reprend ce travail-là. On ne recommence pas tout. »

Élections partielles

Le réaménagement de la rue Notre-Dame fait partie d’un plan plus large visant à revitaliser l’est de Montréal au cours des prochaines années.

En campagne électorale, François Legault avait promis que, s’il était porté au pouvoir, son gouvernement investirait 2,6 milliards d’ici 2030 pour y parvenir. Il prévoyait aussi un montant de 200 millions pour décontaminer les terrains de cette partie de l’île.

Plusieurs projets de transport sont déjà amorcés, comme le prolongement de la ligne bleue du métro et le SRB Pie-IX. La navette fluviale entre Pointe-aux-Trembles et le centre-ville pourrait s’ajouter à la liste.

La ministre Rouleau et la mairesse Plante ont signé une déclaration conjointe pour officialiser leur collaboration pour la revitalisation de l’Est, mais le geste demeure « symbolique », ont-elles reconnu.

Cette annonce survient toutefois à deux jours des élections partielles qui se tiendront dimanche à la mairie de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et dans le district de Saint-Michel. Mais selon Chantal Rouleau, l’annonce pour l’Est n’a rien à voir avec le scrutin de dimanche. « Dans les 100 premiers jours, il faut livrer la marchandise », a-t-elle dit en affirmant qu’il s’agissait de la seule date avant Noël qui permettait qu’elle et Valérie Plante puissent être présentes.

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, a salué l’annonce. Il a toutefois reproché à la mairesse d’avoir participé à un événement susceptible de favoriser sa candidate à la mairie de RDP-PAT, Caroline Bourgeois. « Il n’y avait aucune urgence à le faire, d’autant que la plupart des éléments de la déclaration d’aujourd’hui avaient déjà fait l’objet d’annonces préalables. Comme elle l’a fait il y a quelques jours avec le réaménagement du boulevard Gouin Est, la mairesse Plante tente de tirer avantage d’annonces politiques touchant l’est de l’île dans un but électoraliste », a soutenu M. Perez par communiqué.

L’élection de dimanche dans RDP-PAT opposera la candidate de Projet Montréal et ex-directrice de cabinet de Chantal Rouleau, Caroline Bourgeois, à Manuel Guedes, d’Ensemble Montréal.

Dans Saint-Michel, Nadine Raymond, de Projet Montréal, affronte Josué Corvil, d’Ensemble Montréal.

La rue Notre-Dame en cinq dates

1972 Lancement du chantier de transformation de la rue Notre-Dame en autoroute. L’opération entraîne la démolition de plus de 1200 logements avant d’être interrompue six ans plus tard.

2000 Présentation d’un nouveau projet d’autoroute encaissée par le ministère des Transports du Québec. La proposition est rejetée deux ans plus tard par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, qui préconise l’aménagement d’un boulevard urbain.

2005 Dévoilement d’un projet de « double fonctionnalité », à mi-chemin entre l’autoroute et le boulevard urbain. Ce concept prévoit l’utilisation de feux de circulation qui seront verts en permanence aux heures de pointe.

2010 Le projet de boulevard hybride est mis entre parenthèses après que l’estimation des coûts est passée de 750 millions de dollars à plus de 1,5 milliard.

2018 Création d’un bureau pour la modernisation de la rue Notre-Dame par le gouvernement du Québec.

Dave Noël