Immigration: Montréal se veut «responsable et engagée»

L’administration Plante a abandonné le titre de «ville sanctuaire», qui ne reflétait pas la réalité, a fait valoir la mairesse Valérie Plante. On la voit ici en compagnie de Paul Evras, à l’occasion du dévoilement de la politique montréalaise en matière d’immigration.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’administration Plante a abandonné le titre de «ville sanctuaire», qui ne reflétait pas la réalité, a fait valoir la mairesse Valérie Plante. On la voit ici en compagnie de Paul Evras, à l’occasion du dévoilement de la politique montréalaise en matière d’immigration.

Montréal tourne définitivement le dos au concept de « ville sanctuaire », mais deviendra plutôt une « ville responsable et engagée », a annoncé la mairesse Valérie Plante, qui dévoilait mercredi le tout premier plan d’action en matière d’immigration et d’intégration des nouveaux arrivants.

« On s’éloigne [du concept] de la “ville sanctuaire” parce que ça ne correspond pas aux mesures de protection du cadre législatif canadien », a soutenu Valérie Plante.

Elle explique que c’est un terme qui vient des États-Unis et qui donne un faux sentiment de sécurité aux personnes sans statut. « Si on se base sur le concept de ville sanctuaire, ça veut dire que personne ne peut être renvoyé et que tu es protégé. Peut-être qu’aux États-Unis, ils travaillent avec ce cadre-là, mais pour nous, au Canada, ça ne tient pas la route. »

Montréal ne peut être une ville sanctuaire, un concept hérité de l’administration Coderre, puisque les policiers sont tenus de tenir compte d’une demande de renvoi officielle qui serait inscrite dans le dossier d’une personne, ajoute-t-elle. « Ça se peut qu’il y ait des gens qui soient déçus, qui auraient aimé mieux avoir la fausse impression que la ville sanctuaire les protégeait, mais moi, je préfère donner l’heure juste. »

Les personnes sans statut seront quand même protégées, assure la mairesse, qui parle désormais de « ville responsable et engagée ». À moins que ce ne soit écrit noir sur blanc dans le dossier qu’ils ont sous les yeux, les policiers ont reçu la consigne de ne pas chercher à connaître le statut d’une personne.

La Ville veut également s’assurer que toutes les personnes à statut précaire d’immigration peuvent avoir accès aux services municipaux — piscine, bibliothèque, camps de jour, etc. — « sans discrimination et sans peur ».

Plan d’action

C’est l’un des quatre axes stratégiques du plan d’action 2018-2021, dévoilé mercredi en présence de nombreux partenaires du milieu communautaire qui ont participé à son élaboration.

La Ville s’engage à devenir une « ville exemplaire », à la fois comme fournisseur de services et comme employeur, en augmentant notamment le nombre de nouveaux arrivants accédant à des postes au sein de l’administration municipale.

Pour « accélérer l’intégration » des nouveaux arrivants, Montréal travaillera davantage avec les organisations locales et communautaires, particulièrement dans les quartiers décrits comme des « territoires d’inclusion prioritaires ».

La Ville se dotera notamment d’une « station nouveau départ », un guichet unique qui viendra « simplifier » les démarches pour les nouveaux arrivants. « Pour quelqu’un qui arrive ici, à Montréal, c’est le parcours du combattant : aller chercher les papiers d’un côté, d’autres papiers de l’autre côté, d’un bout à l’autre de la ville, ce n’est pas toujours facile », a expliqué la mairesse Plante.

On veut également assurer aux nouveaux arrivants « un logement en bon état à prix abordable », et travailler avec les entreprises pour faciliter leur intégration économique. Le coût de l’ensemble de ces mesures est évalué à 24 millions de dollars.