Montréal convoite un terrain appartenant à une élue

En octobre dernier, le conseil municipal a adopté une résolution désignant 71 lots répartis dans 9 secteurs sur lesquels la Ville pourrait exercer son droit de préemption.
Photo: Catherine Legault Le Devoir En octobre dernier, le conseil municipal a adopté une résolution désignant 71 lots répartis dans 9 secteurs sur lesquels la Ville pourrait exercer son droit de préemption.

Une élue de Pierrefonds-Roxboro a découvert qu’un terrain lui appartenant était visé par le droit de préemption que pourrait exercer la Ville de Montréal pour agrandir ses parcs-nature. 

La loi sur le statut de métropole adoptée par l’Assemblée nationale l’an dernier permet à Montréal de désigner des terrains qui l’intéressent et de se prévaloir d’un droit de préemption advenant une transaction visant ce lot. La Ville peut alors acheter le terrain convoité au prix obtenu par le propriétaire.

En octobre dernier, le conseil municipal a adopté une résolution désignant 71 lots répartis dans 9 secteurs sur lesquels la Ville pourrait exercer son droit de préemption. Ces secteurs sont liés à différents parcs-nature, dont ceux de l’Anse-à-l’Orme, Cap-Saint-Jacques, Bois-d’Anjou et Bois-de-Liesse.

Conseillère dans le district de Cap-Saint-Jacques, Catherine Clément-Talbot a pris la parole lors de l’assemblée du conseil municipal lundi afin d’informer les élus qu’elle ignorait qu’un terrain dont elle est propriétaire figurait parmi les lots désignés par la Ville. C’est pourquoi elle n’a pas signalé son intérêt et ne s’est pas exclue des délibérations lorsque le conseil municipal a approuvé une résolution à ce sujet lors de l’assemblée du 22 octobre dernier. « Les plans qui nous avaient été remis ne nous permettaient pas de constater qu’un lot de petite dimension à proximité de ma résidence était visé par le droit de préemption envisagé et le nom des propriétaires n’était pas indiqué », a-t-elle expliqué à l’assemblée.

Elle a souligné avoir communiqué avec le conseiller à l’éthique de la Ville pour discuter du dossier. « Le conseiller à l’éthique était d’avis que je ne possédais pas d’intérêt pécuniaire particulier au sens de l’article 361 de la Loi sur [les élections et les référendums dans les municipalités] », a-t-elle dit.

Questionnée par Le Devoir après son intervention, Mme Clément-Talbot n’a pas voulu commenter le dossier, indiquant que celui-ci pourrait se retrouver devant la justice.