La patinoire naturelle du lac aux Castors pourrait revoir le jour

Montréal avait annoncé l'an dernier que la patinoire naturelle du lac aux Castors, sur le mont Royal, serait chose du passé.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Montréal avait annoncé l'an dernier que la patinoire naturelle du lac aux Castors, sur le mont Royal, serait chose du passé.

La Ville de Montréal n’écarte pas l’idée de réaménager une patinoire naturelle sur le lac aux Castors, un an après avoir annoncé qu'elle renonçait à ce site définitivement à la suite d’un accident.

Plusieurs options sont à l’étude, mais encore cet hiver, les Montréalais devront se contenter de la patinoire réfrigérée du mont Royal.

À l’hiver 2016-2017, la Ville avait décidé de fermer de façon permanente la patinoire naturelle du lac aux Castors après que la glace eut cédé sous le poids d’un véhicule d’entretien lors d’un redoux. La profondeur du bassin, pouvant atteindre plus de six mètres depuis la réfection du site en 2015, de même que le réchauffement climatique rendent risqué l’aménagement d’une patinoire naturelle à cet endroit.

« On a analysé des sites alternatifs. C’est clair que le patinage sur le mont Royal est une activité historique qu’on voudrait conserver. C’est un peu l’image même de Montréal en hiver. […] On est en train de regarder si on peut réinterpréter le risque », a expliqué Luc Ferrandez, responsable des grands parcs au comité exécutif, devant la Commission des finances qui étudiait, mercredi matin, le budget des grands parcs et des sports de la Ville de Montréal.

L’élu a indiqué que la Ville examinait la possibilité de recourir à des véhicules d’entretien plus petits. « L’arrosage d’une grande patinoire comme celle-là et le déneigement nécessitent des camions lourds. Peut-on travailler de façon différente ? Limiter la saison ? On étudie toutes les options. On est très conscients de la perte. »

Trouver un autre site sur la montagne représente aussi un défi. « On n’a pas trouvé beaucoup de sites. Il faudrait un endroit plat, ce qui signifie qu’il faudrait modifier le paysage. Il faudrait l’aplanir. Ça ne nous tente pas tant que ça. Mais aucun scénario n’est écarté », a-t-il précisé.

Reste que la patinoire naturelle du mont Royal, qu’elle soit aménagée sur le bassin du lac aux Castors ou ailleurs sur la montagne, ne pourra être prête pour la saison hivernale 2018-2019, a indiqué Luc Ferrandez.

Patinoires réfrigérées

Pierre Pagé, du groupe citoyen Montréal pour tous, a aussi demandé si, à l’instar d’autres villes au pays, Montréal envisageait de construire plus de patinoires réfrigérées afin de prolonger la saison de hockey malgré les changements climatiques.

Luc Ferrandez a fait remarquer qu’il s’agissait d’un choix de société. « Le problème, c’est que si tu fais une patinoire extérieure en béton et que tu rajoutes un toit, tu n’es plus tellement loin d’un aréna. Il ne manque que les murs sur les côtés. Il faut se poser collectivement la question : jusqu’où est-on prêts à aller pour protéger les patinoires ? Est-ce qu’on veut consacrer une partie de nos parcs à une transformation assez majeure pour faire en sorte qu’on puisse jouer au hockey en hiver malgré les changements de température ? Je n’ai pas la réponse. »

Sa collègue responsable du développement social et des sports et loisirs, Rosannie Filato, a signalé que la Ville souhaitait développer une expertise à l’interne concernant les patinoires réfrigérées. « Idéalement, pour rattraper les autres villes, il faudrait au moins une [nouvelle] patinoire réfrigérée par année. C’est notre objectif. »