Pas de ligne rose, avec ou sans café

Valérie Plante et François Legault photographiés dans un restaurant près de l’hôtel de ville
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Valérie Plante et François Legault photographiés dans un restaurant près de l’hôtel de ville

Le premier ministre François Legault n’a pas changé d’idée concernant le projet de ligne rose de la mairesse Plante et continue de juger qu’un métro serait trop coûteux.

« On considère que le coût d’un métro de la ligne rose serait très élevé, et on ne voit pas comment on pourrait entrer ça dans notre plan », a-t-il dit à l’issue d’une rencontre avec la mairesse Valérie Plante à l’hôtel de ville vendredi.

Il a toutefois rappelé que des études étaient en cours afin d’évaluer les coûts et la faisabilité d’un tel projet et que d’autres technologies seraient examinées.

Valérie Plante n’entend pas renoncer à son projet de ligne rose pour autant. « Je vais continuer de porter ce dossier, a-t-elle dit. Je suis pragmatique, M. Legault aussi. On se fera des colonnes de chiffres avec les pour et les contre et on fera un choix par la suite. »

C’était la première visite de M. Legault à l’hôtel de ville de Montréal depuis son élection le 1er octobre dernier.

Le premier ministre et la mairesse ont convenu de créer un comité mixte pour accélérer le développement de l’est de Montréal, aux prises avec de nombreux terrains contaminés, afin de créer une « zone d’innovation » avec des espaces verts.

Cannabis et signes religieux

Mais ils ont également des opinions divergentes sur plusieurs dossiers. M. Legault a réitéré sa volonté d’interdire la consommation de cannabis dans les lieux publics partout au Québec, alors que Mme Plante privilégie un encadrement moins restrictif. Le premier ministre a cependant reconnu qu’il faudra envisager des endroits où il sera possible d’en fumer, notamment pour les locataires. « Ma priorité, c’est qu’il n’y ait pas d’enfant qui subisse la fumée secondaire du cannabis. Pour moi, c’est important a priori de l’interdire dans les lieux publics. Mais il faut comprendre que pour les locataires, qui risquent de ne pas pouvoir fumer dans leur logement, il va falloir prévoir un endroit. Ça fait partie des défis qu’on a », a-t-il indiqué.

Ils ne s’entendent pas non plus sur la question des signes religieux. François Legault a tenu à clarifier certains éléments qui devraient se trouver dans un projet de loi qui sera déposé « très rapidement ». « Ce qui a été proposé par la CAQ pendant la campagne électorale, c’est d’interdire les signes religieux pour les personnes en autorité définies comme étant policiers, gardiens de prison, juges et enseignants. Il n’a jamais été question que les élus ou, de façon générale, les fonctionnaires se voient interdire le port de signes religieux », a-t-il précisé.

Malgré leurs désaccords, le premier ministre et la mairesse ont affiché une bonne entente. « On a eu du fun. On a ri », a lancé la mairesse Plante en sortant de son entretien privé avec M. Legault.