Ligne rose: Montréal n’attendra pas Québec pour aller de l’avant

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé lundi la création d’un bureau de projet pour une nouvelle ligne de métro.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé lundi la création d’un bureau de projet pour une nouvelle ligne de métro.

Valérie Plante n’attendra pas le gouvernement Legault pour faire avancer le projet de ligne rose. La mairesse a annoncé lundi la création d’un bureau de projet pour cette nouvelle ligne de métro promise en campagne électorale. La Ville de Montréal y consacrera un million de dollars en 2019.

Les travaux de ce bureau, qui vise à établir le potentiel de la ligne rose, seront menés parallèlement aux études que réalise depuis l’été dernier l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) sur 9 projets de transport.

La ligne rose du métro, telle qu’elle avait été présentée par Valérie Plante lors de la campagne électorale de 2017, s’étendrait de Montréal-Nord à Lachine en passant par le centre-ville.

Le bureau montréalais se penchera notamment sur les caractéristiques des terrains traversés, les différents corridors à envisager et le potentiel de développement urbain le long du tracé et autour des stations.

Les études réalisées par l’ARTM serviront davantage à déterminer la technologie à privilégier, a précisé Valérie Plante. Rappelons que le chef caquiste, François Legault, s’est opposé au projet de ligne rose, estimant qu’une nouvelle ligne de métro serait trop coûteuse. En campagne électorale, il s’était toutefois mis d’accord avec la mairesse pour examiner un scénario de train en surface.

« Si on est vraiment sérieux par rapport à l’environnement et notre lutte contre les changements climatiques, c’est dans le transport collectif qu’il faut investir », a soutenu Valérie Plante.

La mairesse a précisé que son cabinet avait communiqué avec le ministère des Transports et avec la responsable de la métropole au sein du gouvernement Legault, Chantal Rouleau, pour les aviser de la création du bureau de projet. « C’était super important pour moi de les tenir au courant. C’est important dans notre esprit de collaboration et d’ouverture », a-t-elle dit.

La mairesse a aussi dévoilé la composition d’un comité consultatif qui réunira six experts afin d’épauler la Ville.

L’urbaniste Josée Bérubé, Nadia Bhuiyan, vice-rectrice à l’Université Concordia, Frantz Saintellemy, président et chef des opérations chez Leddartech, André Poisson, directeur général au Bureau du taxi de Montréal, et Florence Paulhiac-Scherrer, professeure au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, et Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre, y siégeront.

« Ce comité sera en quelque sorte le gardien des préoccupations de la société civile », a expliqué Valérie Plante.

L’opposition à l’hôtel de ville estime que la création du bureau de projet est prématurée puisque l’ARTM n’a toujours pas terminé ses études.

Selon le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, la sortie de la mairesse n’est qu’un « exercice de relations publiques ».

« Ce n’est rien d’autre qu’un lobby qui est en train d’être créé en réaction à l’élection des caquistes. On sait que la CAQ est contre la ligne rose telle qu’elle est formulée. La mairesse est en train de politiser l’enjeu », a dit le chef de l’opposition.