Rosemont–La Petite-Patrie entend protéger ses «shoebox»

Quelque 561 maisons de type «shoebox» ont été recensées dans l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Quelque 561 maisons de type «shoebox» ont été recensées dans l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.

L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie compte adopter en décembre un règlement afin de mieux protéger les maisons de type « shoebox ». Les démolitions seront encore possibles pour les immeubles en mauvais état, mais les règles encadrant les rénovations et les agrandissements seront clarifiées.

Craignant de voir ces petites maisons ouvrières disparaître progressivement sur son territoire, l’arrondissement avait décrété en mai dernier un moratoire sur leur transformation et leur démolition en attendant l’adoption d’un cadre réglementaire spécifique.

Depuis, un inventaire a été réalisé et 561 maisons shoebox ont été recensées dans Rosemont–La Petite-Patrie. L’exercice visait également à évaluer l’intérêt de leurs caractéristiques architecturales comme le couronnement, le degré d’authenticité de la façade et la qualité de la maçonnerie. L’arrondissement estime que 234 maisons présentent une valeur architecturale intéressante, 258, une valeur moyenne, alors que 69 autres ont un intérêt limité. Ces évaluations ne tiennent cependant pas compte de l’état des maisons ni des éléments intérieurs. « Elles ne sont pas toutes en bon état. Et certaines d’entre elles ont subi beaucoup de modifications », signale la conseillère du Vieux-Rosemont Christine Gosselin.

Dans le cas des maisons en mauvais état, les propriétaires auront davantage de liberté et des démolitions pourraient être possibles. Mais pour les autres, les projets de transformation ou d’agrandissement seront encadrés de façon plus serrée. L’idée, explique Mme Gosselin, c’est de protéger les maisons qui ont un intérêt patrimonial tout en autorisant des travaux visant à les rendre plus agréables à habiter, notamment pour les familles.

À titre d’exemple, l’ajout d’un étage sera possible pour l’ensemble des shoebox, mais la hauteur de la maison sera déterminée en fonction des immeubles adjacents et ceux du voisinage. Lorsqu’une maison shoebox est voisine d’une autre maison du même type, le deuxième étage devra être construit avec un retrait d’un mètre. Précisons que les ajouts pourront avoir une facture contemporaine.

« Les maisons shoebox font partie de l’histoire de la transformation de Rosemont. C’est une des caractéristiques de l’arrondissement », croit Christine Gosselin. « Le but est de permettre l’évolution et l’adaptation de ces habitations. Mais on veut aussi apporter un répit au rythme effréné de développement. »

Le projet de règlement, qui doit être déposé au conseil d’arrondissement mardi soir, fera l’objet d’une consultation le 17 octobre prochain avant son adoption en décembre.

Ce nouveau cadre réglementaire pourrait inspirer d’autres arrondissements comme Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, où les maisons shoebox sont également présentes.