Appel à la protection de la nature du parc Jean-Drapeau

Quand elle était dans l’opposition, Valérie Plante avait reproché à Denis Coderre d’avoir autorisé des chantiers majeurs au profit de promoteurs d’événements sans consulter les Montréalais, en plus d’autoriser la coupe de 1000 arbres sur l’île Sainte-Hélène.
Photo: Pierre Lahoud Quand elle était dans l’opposition, Valérie Plante avait reproché à Denis Coderre d’avoir autorisé des chantiers majeurs au profit de promoteurs d’événements sans consulter les Montréalais, en plus d’autoriser la coupe de 1000 arbres sur l’île Sainte-Hélène.

Après des investissements de plus 140 millions de dollars pour la construction d’un amphithéâtre de 65 000 places et de nouveaux paddocks au circuit Gilles-Villeneuve, Montréal devrait maintenant prendre soin des espaces naturels du parc Jean-Drapeau trop longtemps négligés. C’est la proposition que compte présenter l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) à l’occasion des consultations sur l’avenir du parc Jean-Drapeau qui débutent mercredi.

Jusqu’à mercredi prochain, l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) entendra les propositions de dizaines de groupes et citoyens.

L’AAPQ, qui présentera un mémoire jeudi, estime qu’au fil des ans, les gestionnaires du parc se sont éloignés du plan directeur élaboré en 1993 qui privilégiait un contact direct des citadins avec la nature. « Il faut non seulement réitérer la vocation du parc, mais la consolider », avance Bernard Bigras, directeur général de l’AAPQ. « La protection du patrimoine naturel du parc a été le parent pauvre des actions du parc Jean-Drapeau. On le voit bien. On pense qu’il y a un danger à mettre tous nos efforts vers des activités de divertissement et sportifs, aussi bénéfiques soient-ils pour les Montréalais. »

L’AAPQ est d’avis qu’il faut mettre en valeur le travail de l’architecte paysagiste Frederick Todd, qui a conçu l’aménagement de l’île Sainte-Hélène en 1930, de même que l’héritage d’Expo 67 afin de faire du parc un « pôle de design » et développer le potentiel paysager du site.

Quand elle était dans l’opposition, Valérie Plante avait reproché à Denis Coderre d’avoir autorisé des chantiers majeurs au profit de promoteurs d’événements sans consulter les Montréalais, en plus d’autoriser la coupe de 1000 arbres sur l’île Sainte-Hélène.

Arrivée au pouvoir en novembre dernier, la mairesse a reconnu qu’il était trop tard pour reculer sur les projets d’amphithéâtre et de paddocks. « La consultation touchera la mission du parc. Ça va nous aider à nous doter d’un plan directeur », a-t-elle indiqué mardi.

Les promoteurs Evenko et Piknic Électronik sont toutefois inquiets et ont même lancé deux pétitions — qui ont recueilli jusqu’à maintenant 17 000 signatures — afin d’obtenir l’appui du public pour le maintien de festivals tel Osheaga sur le site.

Au cabinet de la mairesse, on assure toutefois collaborer avec les promoteurs pour la poursuite de ces activités.

Castors, chiens et moutons

Architecte et urbaniste, Jean-Claude Marsan croit pour sa part qu’il faut miser sur le patrimoine naturel de l’île Sainte-Hélène, quitte à déplacer les activités de divertissement vers l’île Notre-Dame. « C’est un site historique et unique. Il faut revenir à la protection de la nature dans l’île Sainte-Hélène », dit-il en entrevue.

Pour y parvenir, Montréal devra attirer les jeunes familles, explique l’urbaniste en suggérant que le parc accueille des animaux, qu’il s’agisse de chiens de traîneaux, de moutons ou de castors, afin de lier le paysage à l’imaginaire, dit-il. « Les parents redécouvriront la magie de ce site, son charme et ses vues uniques d’un Montréal. En vieillissant, les enfants y resteront attachés et y reviendront », fait-il valoir dans le mémoire qu’il présentera jeudi.

Dans l’état des lieux publié en mars dernier, la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) reconnaissait qu’il faudrait « s’attaquer de front » au problème des voitures sur les deux îles.

Le consortium SLC APM entend proposer la construction d’un monorail ou d’un métro aérien afin que les usagers du parc puissent se déplacer rapidement d’un secteur à l’autre du parc. Ce monorail offrirait aussi un lien vers la station du Réseau express métropolitain (REM) du bassin Peel située à l’ouest du centre-ville. Rappelons que le consortium avait présenté — sans succès — un projet semblable à la Ville de Québec pour son futur réseau de tramway.

Ce n’est pas la première fois que de tels monorails, navettes ou télécabines sont proposés pour le parc Jean-Drapeau.

3 commentaires
  • Jean-Luc Malo - Abonné 26 septembre 2018 06 h 09

    Il est trop tard

    Mme Plante offre un exercice démocratique à la poppulation mais le mal est déjà fait. Il suffit de sortir de la station de métro Jean-Drapeau pour le constater. Les mille arbres ont été abattus. On les a remplacés par de petits arbres qui survivront difficillement aux 65 000 festivaliers....Il n'y a pratiquement que des dalles de béton partout. Oh que ce sera chaud l'été tout cela. Le gouvernement du Québec a offert ce cadeau empoisonné (de plus de 30M$, je pense) de l'aménagement de l'amphitéâtre à Montréal pour le 375ième anniversaire. Je vois difficillement comment, selon ce que dit M. Marsan, on pourrait déménager le tout à l'Ile Notre-Dame où on ne ferait que transporter le problème.
    Jean-Luc Malo
    abonné

    • Gilles Delisle - Abonné 26 septembre 2018 14 h 27

      M. Malo,
      Vous m'apprenez que les dégâts ont déjà été faits! La catstrophe appréhendée est déjà commencée, quel dommage! Je ne peux croire que les arbres, datant de dizaines d'années, sont déjà tombés et que le béton a déjà envahi cet espace public. Les coupables, évidemment, sont toujours les mêmes: pseudo-politiciens , complices de quelques promoteurs, Est-ce que le peuple se révoltera devant tant d'incuries administratives et politiques.

  • Gilles Delisle - Abonné 26 septembre 2018 08 h 14

    Enfin, des voix intelligentes s'élèvent pour assurer un futur prometteur pour l'Ile Ste-Hélène

    Les architectes paysagistes, ainsi que M. Marsan nous interpellent pour assurer le futur de cette île mythique pour les Montréalais. Au-delà des politiciens et des promoteurs de toutes sortes, l'Ile Ste-Hélène doit demeurer la "campagne en ville" pour tous les Montréalais , ce qu'elle a toujours été. Il faut arrêter ces vendeurs et promoteurs qui veulent la "mettre en mini-jupe", la déguiser en danseuse du Samedi soir, et la laisser dans son écrin de verdure, ce qu'elle a toujours été dans le passé, et ce qu'elle doit être pour les génératons futures.