Solargise a fait son nid… ailleurs qu’à Montréal

La société britannique Solargise a renoncé à construire son usine de panneaux solaires à Montréal.
Photo: iStock La société britannique Solargise a renoncé à construire son usine de panneaux solaires à Montréal.

Faute d’avoir pu s’entendre avec le propriétaire du golf d’Anjou, l’entreprise Solargise renonce à construire son usine de panneaux solaires à Montréal et compte plutôt l’implanter dans la municipalité de Salaberry-de-Valleyfield.

Au mois de juillet dernier, Solargise avait fait part de son intérêt pour le vaste terrain de golf situé dans l’arrondissement d’Anjou afin d’y construire son usine, un projet de 2,3 milliards de dollars susceptible de créer 1000 emplois directs.

Jeudi, l’entreprise a fait savoir que les négociations avec le propriétaire du golf avaient échoué.

Solargise avait aussi analysé d’autres terrains situés dans l’est de Montréal, mais des contraintes techniques l’ont obligée à renoncer à une usine en territoire montréalais.

« Notre décision d’entreprendre l’étude de faisabilité du site dans la ville de Salaberry-de-Valleyfield est essentiellement commerciale. Cependant, nous avons apprécié le soutien professionnel de la Ville de Montréal tout au long de notre recherche de terrains dans l’est de Montréal », a souligné le président exécutif du conseil de Solargise, Raj Basu, par voie de communiqué.

L’entreprise examine maintenant un terrain à Salaberry-de-Valleyfield que pourrait lui vendre la municipalité. Zoné industriel, celui-ci pourrait accueillir la phase 1 du projet, soutient l’entreprise.

Solargise prévoit toutefois que son siège social et ses installations de recherche et de développement seront situés à Montréal, ce qui représente une centaine d’emplois.

La société britannique souhaite amorcer la construction de l’usine en janvier.

Droit de préemption

Le dossier de Solargise avait été au centre d’une querelle entre le maire d’Anjou, Luis Miranda, et l’administration Plante.

Rappelons que l’administration souhaite agrandir le parc-nature du Bois-d’Anjou en y annexant, en partie ou en totalité, le terrain du Club de golf métropolitain Anjou appartenant à des intérêts privés. En juin, elle avait même imposé des réserves foncières sur une partie du site.

Estimant absurde de vouloir créer un grand parc dans ce secteur ceinturé d’industries, M. Miranda avait reproché à l’administration de mettre des bâtons dans les roues de l’entreprise.

Mercredi, l’administration a franchi une autre étape qui pourrait la conduire à faire l’acquisition de terrains non seulement à Anjou, mais aussi dans d’autres secteurs de l’agglomération, pour agrandir plusieurs parcs-nature.

Le comité exécutif a approuvé un projet de règlement qui permettra à la Ville de se prévaloir d’un droit de préemption sur les terrains qu’elle convoite pour des parcs régionaux

Ce pouvoir lui avait été accordé dans la loi sur le statut de métropole en septembre 2017, mais il lui fallait déterminer quels terrains seraient visés. La Ville pourra acquérir ceux qui l’intéressent avant qu’ils ne soient vendus à des tiers. Une centaine de lots à l’intérieur des nouveaux périmètres des parcs-nature ont été désignés et le golf d’Anjou fait partie des terrains convoités.

En cas de transaction imminente, la Ville disposera de 60 jours pour acheter le terrain au prix obtenu par le propriétaire. Cette mesure est moins coûteuse que l’expropriation, mais encore faut-il que le propriétaire entreprenne de vendre son terrain.

« C’est un outil qui s’ajoute. Et ça signale notre intérêt aux propriétaires longtemps à l’avance », indique le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez. « Ça ne veut pas dire qu’on va tout acheter. Ça va dépendre du prix. »