Des chantiers à Montréal reportés en raison de coûts trop élevés

L’état actuel du marché de la construction est saturé, en raison des nombreux chantiers déjà existants à Montréal.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir L’état actuel du marché de la construction est saturé, en raison des nombreux chantiers déjà existants à Montréal.

Constatant une hausse importante des coûts dans le domaine de la construction, l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce a décidé de reporter certains travaux d’infrastructures au printemps prochain dans l’espoir d’obtenir de meilleurs prix.

Les travaux de réaménagement de l’aire d’exercice canin du parc Notre-Dame-de-Grâce devront attendre, tout comme le réaménagement de l’intersection avenue de Westbury-rue Vézina et la construction de saillies de trottoir près de l’hôpital Sainte-Justine. Lors de son assemblée mensuelle mardi soir, le conseil d’arrondissement de CDN-NDG a rejeté toutes les soumissions qu’elle a reçues pour ces trois projets.

L’arrondissement comptait notamment améliorer la sécurité des piétons en construisant des saillies de trottoir et en surélevant les intersections à huit endroits situés à proximité de l’hôpital Sainte-Justine. Il avait lancé un appel d’offres le 4 juillet dernier pour des travaux prévus à l’automne. Or aucun entrepreneur n’a souhaité soumissionner.

Un second appel d’offres a été publié le 6 août. Cette fois, un seul entrepreneur s’est manifesté. Mais à 2,3 millions de dollars, sa soumission s’est avérée plus de 90 % supérieure aux estimations faites par la Ville de Montréal, indiquent les documents fournis par l’arrondissement. « L’état actuel du marché de la construction est saturé et les prix soumis ne reflètent pas la valeur réelle des travaux », souligne-t-on. Afin d’obtenir des prix plus « justes », l’arrondissement compte relancer l’appel d’offres en octobre, pour une réalisation des travaux au printemps 2019.

Ce scénario s’est répété pour deux autres projets.

Abondance de chantiers

L’arrondissement attribue ces coûts élevés aux nombreux chantiers déjà existants à Montréal. Dans ces conditions, la mairesse de l’arrondissement, Sue Montgomery, estime qu’il était plus responsable de reporter l’octroi de contrats. « Je ne veux pas que les entreprises nous tiennent pour acquis. Certains entrepreneurs pensent peut-être que la Ville va payer [de tels montants], mais ce n’est pas vrai », dit-elle.

Plus tôt cette année, l’administration Plante avait dû annuler deux appels d’offres pour le chantier de la rue Sainte-Catherine Ouest. Non seulement le nombre de soumissionnaires était-il restreint, mais les propositions dépassaient largement l’estimation de coûts du projet.

Après avoir modifié les appels d’offres, la Ville espère octroyer les contrats à la fin de novembre pour que les travaux puissent se réaliser en février 2019.

Des mandats risqués ?

Le coût élevé de certaines propositions et le nombre restreint d’entrepreneurs déposant des soumissions pour des contrats municipaux s’inscrivent dans une tendance qu’a observée la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ). « Les conditions contractuelles qui sont imposées dans les soumissions sont de plus en plus contraignantes pour les entrepreneurs. Ça augmente leurs risques », signale le vice-président exécutif de la CEGQ, Éric Côté.

Il indique que, dans le cas de la rue Sainte-Catherine, les estimations de la Ville omettaient certaines dépenses, comme le transport des matériaux et l’achalandage du site.

Les entrepreneurs se plaignent aussi des délais de paiement de la Ville de Montréal, qu’ils jugent trop longs.