La Ville récupère la gestion du stationnement

Le mandat de la nouvelle agence ne se limitera pas à l’offre de stationnement et s’étendra à la gestion des déplacements et l’utilisation de l’espace public pour différents modes de transport.
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir Le mandat de la nouvelle agence ne se limitera pas à l’offre de stationnement et s’étendra à la gestion des déplacements et l’utilisation de l’espace public pour différents modes de transport.

Montréal reprend la gestion du stationnement et crée une nouvelle société paramunicipale. L’Agence de mobilité durable aura un mandat plus large que celui de Stationnement de Montréal et devra axer son intervention sur la diversité dans l’offre de transport et sur un meilleur partage de la rue.

L’idée de rapatrier la gestion du stationnement avait été évoquée par Denis Coderre lors de la campagne électorale de 2013. Ce projet figurait aussi dans la Politique de stationnement dévoilée en 2015 par l’ex-maire.

Depuis 1995, c’est la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) qui chapeautait le stationnement tarifé sur rue et hors rue, mais elle versait l’essentiel des revenus de Stationnement de Montréal à la Ville. En 2017, la société en commandite a enregistré des revenus de 70,6 millions et a remis 53,3 millions à la Ville de Montréal.

En résiliant l’entente conclue en 1995, la Ville devra payer une pénalité de 16 666 $ par année écoulée à la CCMM. Cette somme atteindra près de 400 000 $.

Un mandat élargi

« On croit que c’est le meilleur modèle possible pour avoir un outil efficace de mise en oeuvre de la Politique de stationnement », a expliqué mercredi le responsable du transport au comité exécutif, Éric Alan Caldwell, à propos de la création de la société paramunicipale. « C’est un modèle éprouvé et efficace. »

Le mandat de la nouvelle agence ne se limitera pas à l’offre de stationnement et s’étendra à la gestion des déplacements et à l’utilisation de l’espace public pour différents modes de transport.

L’agence aura aussi pour mission de piloter le déploiement des bornes de recharge électriques, de gérer les permis de stationnement des voitures en libre-service, de mener des recherches dans le domaine des innovations technologiques et de développer une stratégie tarifaire modulée. Elle pourra également conclure des ententes avec des partenaires privés afin de faciliter l’accès à des stationnements existants.

Mise en place graduelle

Il n’y aura pas de pertes d’emploi puisque les employés actuels de Stationnement de Montréal seront transférés dans la nouvelle agence, a fait valoir le président de comité exécutif, Benoit Dorais. La société paramunicipale, qui compte un nouveau conseil d’administration, sera mise en place progressivement au cours des prochains mois, et M. Dorais s’attend à ce qu’elle obtienne ses lettres patentes en 2019.

L’opposition à l’Hôtel de Ville a rappelé que le processus de mise en place de l’agence avait été amorcé par l’administration précédente, mais que le projet n’avait pas pu se concrétiser avant les élections compte tenu de l’adoption tardive de la Loi sur le statut de métropole en septembre 2017.

« Il n’y a rien de concret [dans cette annonce] », estime le conseiller d’Ensemble Montréal Aref Salem, qui reproche à l’administration de Valérie Plante d’avoir omis de réunir autour d’une même table l’ensemble des partenaires, qu’il s’agisse du Bureau de taxi de Montréal, de la Société de transport de Montréal, de Bixi ou des entreprises d’autopartage.