Pierrefonds-Ouest: les promoteurs de Cap Nature s’impatientent

L’incertitude plane sur le projet immobilier de plus de 5500 unités résidentielles depuis que Projet Montréal a promis de transformer le site en parc.
Photo: Ville de Montréal L’incertitude plane sur le projet immobilier de plus de 5500 unités résidentielles depuis que Projet Montréal a promis de transformer le site en parc.

Tenus dans l’ignorance quant aux intentions de l’administration de Valérie Plante au sujet de Pierrefonds-Ouest, les promoteurs de Cap Nature réclament une rencontre avec la mairesse. L’incertitude plane sur le projet immobilier de plus de 5500 unités résidentielles depuis que Projet Montréal a promis de transformer le site en parc.

La semaine dernière, quand la mairesse Plante et le ministre responsable de la région de Montréal, Martin Coiteux, ont annoncé que le boulevard urbain prévu dans l’emprise de l’autoroute 440 ne verrait jamais le jour, les promoteurs de Cap Nature ont reçu la nouvelle comme une gifle. Sans lien routier, la réalisation de leur projet immobilier devient difficile, compte tenu des enjeux déjà existants de congestion automobile dans l’ouest de l’île. C’est une façon de tuer le projet, estiment-ils.

« Ce ne serait pas impossible de faire du développement, mais ça met en péril le projet ou ça peut le changer », soutient Marie-Pierre Durand, présidente des Immeubles L’Équerre, l’un des quatre propriétaires des terrains de Pierrefonds-Ouest. « On se demande comment la mairesse Plante, qui se dit transparente, a pu agir de cette façon-là, unilatéralement, sans consulter les élus de Pierrefonds-Roxboro et nous. »

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Marie-Pierre Durand et Jean-Pierre Grilli, promoteurs immobiliers

Elle s’étonne aussi de l’annonce faite par le ministre Coiteux puisqu’en 2012, Pierre Moreau, alors ministre des Transports, avait signifié à l’ex-maire Gérald Tremblay l’importance d’un lien routier dans cet axe.

Le projet immobilier de Pierrefonds-Ouest a déjà fait couler beaucoup d’encre. Adjacent au parc de l’Anse-à-l’Orme, il prévoit la construction de 5500 logements sur d’anciennes terres agricoles d’une superficie de 183 hectares. Mme Durand rappelle que les propriétaires travaillent sur ce dossier depuis quatorze ans en collaboration avec la Ville. Montréal a multiplié les exigences au fil des ans et les promoteurs s’y sont pliés en plus de dépenser des centaines de milliers de dollars en plans et études, affirme-t-elle.

Président de Grilli Développement Inc., Jean-Pierre Grilli indique que les propriétaires ont consenti à céder l’équivalent de 25 % de leurs terrains à des fins de conservation pour porter à 180 hectares la superficie de boisés protégés. Le développement immobilier s’étendra sur 183 hectares dont 23 hectares en parcs.

S’il se réalise, Cap Nature comptera 30 % de logements sociaux et abordables ainsi que des écoles, des garderies et des espaces commerciaux, favorisant ainsi le maintien des familles sur l’île, insistent les promoteurs. Des mesures de gestion des eaux pluviales ainsi que la préservation de marais et de ruisseaux sont prévues. Et les retombées économiques seront importantes avec des revenus fiscaux pour la Ville de 25 millions annuellement et 34 millions en droits de mutation, signalent les promoteurs. « La Ville devrait être un porteur de ballon pour ce projet », croit Jean-Pierre Grilli.

L’Office de consultation publique de Montréal avait estimé que le projet soulevait un problème majeur d’acceptabilité sociale. Les consultations ont été influencées par la présence de nombreux environnementalistes, rétorquent les promoteurs, qui reprochent à la Ville d’avoir omis de soumettre à la consultation le programme particulier d’urbanisme (PPU), qui en était pourtant à sa 22e version.

Rencontre demandée

À deux reprises, les promoteurs inquiets ont fait parvenir une demande de rencontre avec la mairesse Plante afin de lui présenter le projet et de connaître ses intentions. Ils soutiennent n’avoir obtenu aucune réponse. Récemment, la mairesse a évoqué la possibilité d’autoriser du développement sur une partie du site.

Dans l’immédiat, les promoteurs n’envisagent pas de s’adresser aux tribunaux. « C’est prématuré, soutient Jean-Pierre Grilli. On est ouverts à la discussion. S’ils veulent qu’on en fasse moins, on en fera moins et ils nous paieront pour le reste [des terrains]. »

Selon le cabinet de la mairesse, il est trop tôt pour préciser les intentions de la Ville. « Comme la mairesse l’a rappelé à plusieurs reprises, la Ville est présentement en train d’étudier la zone qui serait visée pour l’agrandissement du parc de l’Anse-à-l’Orme. Cette analyse n’est pas complétée. Les promoteurs, comme l’ensemble des parties prenantes, seront bien entendu rencontrés dans le but d’alimenter cette réflexion », a-t-on indiqué.