Saint-Laurent suggère l’adoption de plaques de rue plus grandes

L’arrondissement de Saint-Laurent a installé en 2015 une plaque de rue bleue de grandes dimensions sur le boulevard Côte-Vertu.
Photo: Google Street View L’arrondissement de Saint-Laurent a installé en 2015 une plaque de rue bleue de grandes dimensions sur le boulevard Côte-Vertu.

Qui n’a pas un jour fulminé en tentant de déchiffrer les noms de rues à Montréal ? Les plaques blanches sont si discrètes qu’on les repère parfois seulement une fois rendu à l’intersection. La Ville de Montréal a lancé un chantier en 2013 afin de concevoir des plaques odonymiques plus facilement visibles, mais l’exercice n’est toujours pas terminé.

L’arrondissement de Saint-Laurent, qui a testé plusieurs types de plaques de rue, suggère que Montréal se dote de plaques de couleur bleue, plus grandes que celles utilisées actuellement.

Dans le cadre du plan d’action Métropole amie des aînés (MADA), la Ville de Montréal avait mis sur pied, en 2013, un projet-pilote afin de mettre à l’essai différents types de panneaux. Dans Hochelaga-Maisonneuve, par exemple, à l’angle des rues Sherbrooke et Cuvillier, cinq plaques de différentes tailles ont été installées : une rouge, une bleue, une grise et deux blanches.

Le bleu à Saint-Laurent

En 2015, l’arrondissement de Saint-Laurent a de son côté testé trois couleurs de panneaux : le bleu, le blanc et le gris. Ces plaques ont été installées sur des artères comme les boulevards Côte-Vertu, Marcel-Laurin et Thimens.

À la lumière des commentaires des citoyens, l’arrondissement a conclu que les plaques bleues avec un lettrage blanc d’une taille 41 % supérieure à celle des plaques standards étaient les plus appropriées, car elles sont plus faciles à voir de loin, contrastent davantage avec les éléments du mobilier urbain et sont plus réfléchissantes, particulièrement la nuit.

D’autres villes, comme Ottawa, Toronto et Los Angeles, utilisent ce type de plaques, note la Division des études techniques et de l’ingénierie de l’arrondissement.

« Il fallait trouver un équilibre entre la pollution visuelle et la clarté et la visibilité requises pour des raisons de sécurité », explique le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

Les commentaires des citoyens ont été majoritairement positifs, dit-il, et certains ont même suggéré que, sur les grandes artères, des plaques avec les noms de rue soient installées à 100 mètres des intersections de manière à permettre d’anticiper les manoeuvres à faire.

« C’est un exemple de projet très simple qui peut améliorer la qualité de vie, pas seulement des aînés, mais de tout le monde concerné. Ça donne une substance à la notion de Métropole amie des aînés », souligne M. DeSousa.

Ces conclusions ont été transmises à la ville-centre, qui n’a toujours pas pris de décision à ce sujet.

Réflexion nécessaire

La refonte des plaques odonymiques à Montréal n’est pas un luxe, estime le président de la Société des designers graphiques du Québec, Benoit Giguère. « À l’heure actuelle, on est incapable de décoder le nom des rues. Les panneaux ne sont pas éclairés adéquatement. La grosseur des lettres ne convient pas et la position dans l’espace est incorrecte », résume-t-il.

Conduire sans GPS en tentant de repérer un nom de rue et en essayant d’éviter les piétons et les cyclistes peut relever de l’exploit. Mais selon lui, rares sont les villes qui ont des plaques odonymiques efficaces graphiquement. « Je pense que c’est universel : on dirait qu’on veut s’assurer que vous ne trouviez pas la bonne rue. »

Améliorer les plaques odonymiques ne se résume pas à une taille ou à une couleur, et Benoit Giguère espère que la Ville fera appel à des architectes, des designers et des urbanistes pour mener à bien son projet. D’ailleurs, c’est l’ensemble de la signalisation à Montréal qui devrait être revue, notamment autour des chantiers, fait-il remarquer.