L’administration Plante veut agrandir trois parcs-nature

Les détails concernant l’agrandissement du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme seront dévoilés jeudi.
Photo: Jean Gagnon CC Les détails concernant l’agrandissement du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme seront dévoilés jeudi.

Montréal entend agrandir la superficie de trois parcs-nature, dont celui du Bois-d’Anjou par l’annexion, en partie ou en totalité, du Club de golf métropolitain Anjou. Le maire d’arrondissement Luis Miranda visait plutôt du développement industriel dans ce secteur.

Le comité exécutif a franchi mercredi une première étape vers l’expansion du Bois-d’Anjou. En modifiant le règlement 72 relatif à l’établissement de parcs à caractère régional — une procédure obligatoire pour agrandir un parc-nature —, la Ville pourra étudier différents scénarios.

Les élus de l’arrondissement d’Anjou ont récemment modifié le zonage d’une partie du golf afin d’y autoriser les activités commerciales. Les intentions de l’administration Plante sont tout autres. « Notre préférence, c’est de garder en vert ce qui est en vert », a expliqué le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez.

« Il y a 36 millions de pieds carrés disponibles hors espaces verts dans Anjou. Donc, est-ce le meilleur endroit pour venir construire une autre grande surface commerciale ? »

Négociations

Selon l’élu, l’expropriation n’est pas la seule option pour réaliser ce projet. Des négociations pourraient être menées avec le propriétaire afin de convenir d’un développement dans une zone et d’un parc dans une autre. Mais l’idée n’est pas d’autoriser un parc industriel où circuleraient 300 camions par jour.

« On veut avoir des emplois à haute valeur ajoutée », a-t-il dit en évoquant la venue d’entreprises du secteur technologique.

Ni le propriétaire du Club de golf Anjou ni le maire d’Anjou, Luis Miranda, n’ont rappelé Le Devoir. En avril dernier, M. Miranda avait jugé absurde l’idée de créer un grand parc puisqu’il s’agit d’un secteur industriel. « Je n’enverrais pas mes enfants jouer là, d’aucune façon », avait-il dit à Radio-Canada.

Projets dans l’ouest

Mais là ne s’arrêtent pas les ambitions de la Ville. Jeudi, la mairesse Valérie Plante doit dévoiler, en compagnie de son homologue de Sainte-Anne-de-Bellevue, Paola Hawa, les détails concernant l’agrandissement du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme.

Luc Ferrandez souhaite aussi, à terme, intégrer au parc-nature le secteur de Pierrefonds-Ouest, un territoire de 185 hectares appartenant à des intérêts privés qui prévoient d’y construire 5500 habitations.

« La vision pour Pierrefonds-Ouest, c’est d’en faire un des plus grands parcs urbains au monde. C’est quelque chose qui va donner l’exemple au reste de la planète », a expliqué avec enthousiasme Luc Ferrandez.

« C’est exceptionnel, ce qu’on est en train de prévoir pour l’ouest, mais ça va se faire progressivement », a-t-il ajouté, en indiquant que des expropriations pourraient être coûteuses pour la Ville. « Il faut qu’on trouve des solutions diverses. »

Les promoteurs du projet immobilier Cap-Nature n’ont pas souhaité commenter les propos de M. Ferrandez.

Enthousiasme

Un troisième projet d’agrandissement de parc devrait aussi être annoncé au cours des prochains jours. « Si on veut atteindre la cible de 10 % d’écoterritoires protégés à Montréal, il va falloir qu’on se mette à la vitesse grand V », a indiqué Luc Ferrandez.

Les groupes environnementaux ont salué les engagements de la Ville.

Coralie Deny, directrice générale du Conseil de l’environnement de Montréal, a rappelé que son organisation militait depuis quatre ans pour la création d’un grand parc dans l’est de Montréal. « Sur l’île de Montréal, on manque déjà d’espaces verts », a-t-elle dit.

« C’est la première fois depuis plus de 10 ans qu’on a l’impression que les élus veulent vraiment faire quelque chose », a commenté Patrick Barnard, membre de la Coalition verte.

« Il manque 2000 hectares pour atteindre 10 % d’espaces protégés. C’est énorme. Je pense que c’est un très bon commencement. »