Inauguration d’une première toilette autonettoyante au métro Papineau

Les douze toilettes sont attendues notamment par les organismes communautaires depuis des années.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les douze toilettes sont attendues notamment par les organismes communautaires depuis des années.

Alors que la première toilette autonettoyante était inaugurée aux abords de la station de métro Papineau mardi, la mairesse Valérie Plante a fait savoir que les travaux visant l’installation d’une autre toilette, celle de la place Sun-Yat-Sen, seraient suspendus compte tenu des objections exprimées par la communauté chinoise.

La toilette de la station Papineau est la première des douze toilettes achetées l’an dernier par la Ville de Montréal au coût de 3 millions de dollars. Entièrement automatisées, elles laissent aux usagers quinze minutes pour s’exécuter, après quoi les portes s’ouvrent. Entre chaque utilisation, un bras de lavage et un balai assurent le nettoyage de la cuvette et du plancher.

Au cours des prochains jours, une seconde toilette sera inaugurée à la place Émilie-Gamelin, suivie de celle de la rue de la Commune. Deux autres toilettes publiques étaient prévues au parc Walter-Stewart et à la place Sun-Yat-Sen, dans le quartier chinois.

Période de rodage

Ce modèle s’inspire des toilettes d’Europe et les matériaux utilisés ont été choisis pour résister au vandalisme et aux graffitis.

Les toilettes seront fonctionnelles entre 6 h et minuit et leur accès sera gratuit. Mais il est possible que la Ville opte pour l’imposition d’un tarif minime, question de dissuader les gens de déclencher inutilement le cycle de nettoyage. « Mais ça limiterait l’accessibilité aux itinérants. Alors, ce n’est pas souhaitable », a indiqué l’ingénieur Robert Bédard, responsable du projet à l’arrondissement de Ville-Marie.

Pour éviter qu’une personne se retrouve dans l’unité lorsque le nettoyage s’effectue, des capteurs électroniques de poids ont été installés sous le plancher. Ce système empêchera ainsi un jeune enfant de se retrouver seul dans l’unité, mais permettra à une personne en triporteur d’utiliser la toilette. M. Bédard reconnaît que, compte tenu de ces paramètres, il ne sera peut-être pas possible d’empêcher les activités de prostitution.

Les premiers mois d’utilisation pourraient forcer la Ville à procéder à plusieurs ajustements. Des équipes des organismes Spectre de rue et Le Sac à dos assureront une surveillance sur le terrain et recueilleront les commentaires des utilisateurs.

Les organismes communautaires réclamaient depuis des années ces toilettes publiques, non seulement pour les personnes en situation d’itinérance, mais également pour les touristes et les familles. « C’est fantastique parce que c’est un besoin fondamental d’aller aux toilettes, mais les gens ne sont souvent pas acceptés dans les commerces », a rappelé Julie Roy, de Spectre de rue.

L’installation d’une toilette à la place Sun-Yat-Sen n’enchante pas la communauté chinoise, qui reproche à l’administration d’avoir omis de la consulter à ce sujet. Ce petit parc à l’angle des rues Clark et De La Gauchetière est un lieu de rassemblement prisé par la communauté pour la tenue d’événements culturels.

La mairesse Plante a toutefois fait savoir, mardi, qu’elle suspendait les travaux d’installation en cours. « Comme il n’y a pas de consensus, nous n’allons pas nous battre pour l’imposer. Nous allons rencontrer les membres de la communauté et nous prendrons une décision », a-t-elle dit.