Stationnement: le Plateau ouvrira des registres dans 34 zones

L’arrondissement a rappelé vendredi que les objectifs de ce projet de règlement visent la réappropriation des ruelles, le verdissement et la réduction de la dépendance à l’automobile.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L’arrondissement a rappelé vendredi que les objectifs de ce projet de règlement visent la réappropriation des ruelles, le verdissement et la réduction de la dépendance à l’automobile.

Des registres seront ouverts dans 34 zones du Plateau-Mont-Royal pour permettre aux citoyens opposés au règlement interdisant les nouveaux stationnements en cour arrière de demander la tenue de référendums, a annoncé l’arrondissement vendredi.

Au cours des dernières semaines, des citoyens s’étaient mobilisés afin de dénoncer le règlement controversé. Certains d’entre eux déploraient devoir renoncer à l’achat d’une voiture électrique faute de pouvoir installer une borne de recharge dans leur cour. D’autres estimaient que la nouvelle réglementation aurait un impact sur la valeur de leur propriété et brimait leurs droits.

Les citoyens avaient jusqu’au 23 avril pour demander l’ouverture d’un registre dans leur secteur. L’arrondissement a reçu des demandes pour 42 zones (sur les 505 que compte le Plateau), mais après vérification, 34 d’entre elles ont été jugées valides, ce qui correspond à 14 % du territoire.

L’administration de Luc Ferrandez aurait pu retirer son règlement pour éviter les procédures référendaires. Elle a toutefois décidé de maintenir le cap avec son règlement.

Ainsi, à la fin du printemps ou au début de l’été, un registre sera ouvert dans chacune de ces zones, a précisé l’arrondissement. Si ces registres recueillent un nombre suffisant de signatures, des référendums pourront y être tenus. Le nombre de signatures requis pour ces zones n’a cependant pas été précisé vendredi. Ainsi, à terme, le règlement risque de ne pas s’appliquer sur tout le territoire. Les zones où l’opposition sera forte pourraient en être exemptées.

Les droits acquis

Le règlement devait être approuvé lundi par le conseil d’arrondissement, mais l’administration Ferrandez a reporté le vote à une date ultérieure car il faudra d’abord scinder le règlement par zone.

Dans une mise au point publiée vendredi, l’arrondissement a rappelé que les objectifs de ce projet de règlement visaient la réappropriation des ruelles, le verdissement et la réduction de la dépendance à l’automobile. Il a aussi soutenu que 50 % des ménages du Plateau ne possédaient pas de voiture. De plus, 40 % des cours du Plateau comporteraient déjà un stationnement. Ces propriétés ne seront pas touchées par le règlement puisqu’il s’agit d’un droit acquis.

Au cours des derniers jours, des citoyens avaient dit craindre la disparition d’une majorité des stationnements en cour arrière puisque, avançaient-ils, il leur serait difficile de faire reconnaître leur droit acquis. L’arrondissement assure qu’aucun stationnement ne disparaîtra. Le droit acquis pourra être reconnu sur simple présentation d’une photo, d’une image aérienne (prise sur le Web) ou d’un certificat de localisation. « La reconnaissance d’un droit acquis ne sera pas demandée s’il n’y a pas de travaux dans une cour », précise-t-on.

Voitures électriques

Dans sa publication, l’arrondissement réplique aussi aux arguments de certains opposants selon lesquels le règlement nuira aux familles et fera baisser la valeur des propriétés. Il soutient qu’il veut faire des ruelles des endroits plus sécuritaires pour les enfants. Et selon lui, les cours verdies ont une valeur marchande pour les citoyens qui souhaitent s’établir dans le Plateau. Au sujet des voitures électriques, l’arrondissement insiste pour dire que celles-ci ne sont pas une solution aux problèmes de sécurité et de congestion automobile.