Les toilettes autonettoyantes bientôt inaugurées

Une toilette autonettoyante en cours d'installation, sur la place Émilie-Gamelin
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une toilette autonettoyante en cours d'installation, sur la place Émilie-Gamelin

Après de multiples embûches, les trois premières toilettes autonettoyantes devraient être inaugurées le 17 mai prochain au centre-ville de Montréal, et ce, même si la Ville a dû annuler l’appel d’offres pour leur entretien faute de soumissionnaires.

La Ville s’affaire ces jours-ci à installer les toilettes publiques qui seront accessibles sur trois sites dans deux semaines. L’une sera située à la place Émilie-Gamelin, une autre à la station de métro Papineau, à l’angle des rues Sainte-Catherine Est et Cartier, et la dernière dans le Vieux-Montréal, à l’intersection des rues de la Commune Est et Saint-Gabriel.

Il s’agit de trois des douze unités achetées par la Ville de l’entreprise Atmosphäre dans le cadre d’un contrat de 3 millions octroyé en avril 2017. Ces unités sont autonettoyantes après chaque usage. Il est prévu qu’elles soient accessibles de 6 h à minuit, et ce, 365 jours par année. Elles seront chauffées l’hiver et climatisées l’été.

Le 3 avril dernier, l’arrondissement de Ville-Marie a lancé un appel d’offres pour le contrat d’entretien des unités. N’ayant reçu aucune soumission, elle a finalement décrété l’annulation de l’appel d’offres le 23 avril. Ce nouveau pépin ne devrait pas compromettre l’inauguration des nouvelles toilettes, a indiqué une source proche du dossier.

Résister au vandalisme

Ce projet de longue haleine lancé en 2016 est complexe. Les équipements doivent résister au vandalisme et dissuader les utilisateurs d’y avoir des activités inappropriées.

« Les unités sont construites de manière robuste, antigraffiti et antivandalisme », a précisé par courriel Anik de Repentigny, chargée de communication à la Ville de Montréal.

Elle fait également valoir que les toilettes seront localisées dans des lieux très fréquentés et qu’elles seront bien éclairées.

Une limite de temps par utilisation permettra de limiter les activités illicites à l’intérieur de l’unité sanitaire, ajoute-t-elle : « Lorsque la durée de l’utilisation est échue, la porte ouvre. Il est impossible pour un usager de rester à l’intérieur de l’unité sans déclencher une alerte. Un dispositif dans le plancher peut être utilisé pour éviter la fermeture des portes en présence de deux adultes. »

Les documents du devis pour l’appel d’offres du contrat d’entretien précisent que les toilettes sont dotées d’une technologue qui lancera, à distance, des alertes par courriel en cas de défaillance, de bris ou si le papier de toilette ou le savon viennent à manquer dans l’unité.

Au cours des dernières semaines, Le Devoir a tenté d’obtenir une entrevue avec les responsables du projet à la Ville, mais en vain.

Le projet des toilettes autonettoyantes avait été lancé au printemps 2016, mais le premier appel d’offres pour lapréparation des sites destinés à accueillir les unités avait dû être annulé, faute de soumissions. Le contrat a finalement été scindé et les travaux ont pu être réalisés pour les premiers sites.

Quatre autres toilettes seront installées d’ici la fin de 2019 à la place Sun Yat Sen, au square Viger ainsi qu’aux parcs Bellerive et Walter-Stewart.

Les vespasiennes 2.0

Le projet des toilettes autonettoyantes marque le retour des toilettes publiques à Montréal, des décennies après l’abandon des vespasiennes qu’avait fait construire l’ex-maire Camillien Houde lors de la crise économique de 1929.

Surnommées les « camilliennes », ces toilettes avaient été délaissées en raison des problèmes de malpropreté et d’enjeux de moralité.

Depuis des années toutefois, des groupes d’aide aux personnes itinérantes réclament de la Ville de Montréal la construction de toilettes publiques au centre-ville, tant pour les sans-abri que pour les familles et les touristes.

Une toilette autonettoyante vient d’être installée à la place Émilie-Gamelin, un secteur très fréquenté de jour comme de nuit.