Moins de voitures sur la Sainte-Catherine

La mairesse Valérie Plante a dévoilé jeudi la nouvelle mouture du projet de réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest.
Photo: Maquettes Provencher Roy La mairesse Valérie Plante a dévoilé jeudi la nouvelle mouture du projet de réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest.

Une fois réaménagée, la rue Sainte-Catherine Ouest fera davantage de place aux piétons et moins aux voitures. La nouvelle mouture du projet, présentée par la mairesse Valérie Plante jeudi, réduira à une voie la circulation automobile et fera disparaître 144 espaces de stationnement.

Projet Montréal a révisé le projet qu’avait présenté l’ancien maire Denis Coderre en mai 2015. « Cette rue-là, on la refait pour minimum les cinquante prochaines années. Si une artère commerciale veut se démarquer et se retrouver dans les guides touristiques, il ne faut pas le statu quo », a expliqué la mairesse Plante.

« Les consultations publiques ont montré que la population voulait un parcours déambulatoire, du verdissement et une expérience piétonne. Et c’est exactement ce qu’on leur offre : de l’audace et on a mis le statu quo aux poubelles. »

Des trottoirs plus larges

Rappelons que le projet de l’ancienne administration maintenait les deux voies de circulation actuelles et prévoyait des espaces de stationnement qui pouvaient disparaître si la tenue d’événements spéciaux l’exigeait.

L’administration Plante a toutefois décidé de retirer une voie de circulation et d’en réserver une autre pour les livraisons dans le cadre de la phase 1 du projet qui s’attardera au tronçon situé entre les rues De Bleury et Mansfield.

La chaussée s’étendra sur 6,2 m et les trottoirs seront élargis à 6,5 m en moyenne. Les 144 cases de stationnement en bordure de rue disparaîtront, mais l’information sur les places disponibles aux alentours sera améliorée, a-t-on assuré.

La Ville croit que le retrait d’une voie de circulation aura des impacts mineurs sur les autres rues, dont Sherbrooke. Une des voies de la rue Sainte-Catherine est souvent entravée par des véhicules de livraison à l’heure actuelle, a-t-on fait remarquer.

Photo: Maquettes Provencher Roy Le projet prévoit la rénovation du square Dorchester cette année et celle du square Phillips (ci-haut) à partir de 2020.

De plus, on estime que 70 % des clients des commerces se rendent déjà sur la rue Sainte-Catherine en transport collectif ou actif.

Le nouveau mobilier urbain sera dessiné par Michel Dallaire et la rue sera verdie. Les arbres seront mieux traités avec des fosses plus grandes, a-t-on précisé.

Le projet prévoit aussi la rénovation du square Dorchester cette année et celle du square Phillips à partir de 2020. Les travaux de la phase 1 du projet, estimés à 123 millions, se termineront en 2021.

Un segment de la rue McGill College, entre la rue Sherbrooke et la place Ville-Marie, sera piétonnisé pour permettre la création d’une place publique qui aura une superficie trois fois supérieure à celle de la place Jacques-Cartier. Les travaux devraient commencer en 2022.

La Ville réserve un montant de 4,9 millions pour des mesures destinées aux commerçants, comme des activités d’animation et des subventions à la rénovation.

L’administration Coderre souhaitait la construction de trottoirs chauffants, mais l’équipe de Valérie Plante a écarté cette idée il y a quelques mois, estimant que cette option était trop coûteuse. La mairesse a souligné que ces trottoirs auraient nécessité un investissement de 20 millions et qu’il aurait fallu aussi chauffer la chaussée aux intersections.

Lors?de?phases?subséquentes, Montréal entend rénover la rue Sainte-Catherine jusqu’à la rue Atwater. Rappelons que la Ville doit effectuer des travaux majeurs pour remplacer les infrastructures souterraines qui, dans certains cas, sont centenaires.

Manque d’audace ?

Le chef de l’opposition a exprimé des réserves quant au projet de l’administration.

« Il n’y a vraiment rien d’audacieux dans ce qui a été présenté aujourd’hui », a indiqué le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, en soulignant que le projet de l’administration précédente proposait un concept plus flexible en matière de stationnement : « Pour nous, c’est un pari risqué. On sait à quel point le commerce de détail est fragile. »

Lionel Perez a aussi déploré que l’administration ait évacué l’idée des trottoirs chauffants. « On aurait démontré que Montréal est unique en Amérique du Nord », a-t-il insisté.

Le projet plaît toutefois à André Poulin, directeur général de Destination Centre-ville, qui regroupe les commerçants et les gens d’affaires.

« Ce qu’on voit là, c’est emballant, c’est attrayant », a-t-il commenté. Il dit avoir particulièrement apprécié la place accrue accordée aux piétons, l’aménagement d’une voie pour les livraisons, ce qui devrait améliorer la fluidité de la circulation, et les mesures de verdissement.