Trains Azur: l’administration Plante préoccupée par la promesse de Québec

La Société de transport de Montréal avait décidé, en 2014, de reporter le remplacement de ses 423 voitures MR-73 pour prolonger de vingt ans leur durée de vie.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La Société de transport de Montréal avait décidé, en 2014, de reporter le remplacement de ses 423 voitures MR-73 pour prolonger de vingt ans leur durée de vie.

L’administration de Valérie Plante se dit « préoccupée » par l’intention du gouvernement de Philippe Couillard de devancer le remplacement des voitures de métro MR-73 dans le but de sauver des emplois à l’usine de Bombardier à La Pocatière. La Ville de Montréal craint de devoir assumer une facture qu’elle n’avait pas prévue et qui alourdira sa dette.

« Bien qu’on soit sensible à la réalité des autres régions […] les intérêts des Montréalais et leur capacité de payer sont très importants », a insisté la mairesse Valérie Plante lorsque questionnée à ce sujet par le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, à l’occasion de l’assemblée du conseil municipal mardi.

Sauver des emplois

En février dernier, le gouvernement de Philippe Couillard avait fait savoir qu’il comptait devancer l’achat de trains Azur pour remplacer les vieilles voitures MR-73 de manière à éviter la mise à pied de 300 à 600 employés de l’usine de La Pocatière en raison d’un manque de contrats.

Après qu’Alstom eut annoncé que les voitures du Réseau express métropolitain (REM) seraient construites en Inde, le premier ministre Couillard s’est rendu à La Pocatière le 13 avril afin de rassurer les travailleurs de Bombardier : Québec allait faire adopter un projet de loi pour prolonger le contrat des voitures Azur du métro — construites par le consortium Bombardier-Alstom.

Or, la Société de transport de Montréal (STM) avait décidé, en 2014, de reporter le remplacement de ses 423 voitures MR-73 pour prolonger de vingt ans leur durée de vie. Aux prises avec une situation financière difficile, la STM estimait que la rénovation de ses voitures coûterait 108 millions, mais que les économies réalisées atteindraient 500 millions.

Des négociations sont en cours entre le gouvernement et la Ville de Montréal pour le partage des coûts pour les nouveaux trains Azur. La Ville pourrait devoir assumer 25 % de la facture, selon le modèle appliqué dans les investissements en transport. C’est la part qu’elle avait assumée lors de la première commande de train Azur.

Poids financier

« C’est sûr que c’est un cadeau intéressant : on se fait donner des wagons neufs », a indiqué le président du comité exécutif, Benoit Dorais. « Mais il ne faut pas que ça se fasse au détriment de la Ville de Montréal et de ses finances. »

« Si on renouvelle la flotte des MR-73, ça nous préoccupe parce que ça va augmenter significativement la dette de la Ville de Montréal », a-t-il poursuivi. « Ça ne met pas en péril les finances de la Ville, mais c’est quand même préoccupant. »

Montréal a obtenu de Québec du financement pour les 300 autobus promis par Valérie Plante en campagne électorale et pourrait bénéficier d’une aide financière pour la construction de garages qui leur sont destinés. Benoit Dorais a cependant nié que la Ville ait accepté l’achat des trains Azur en échange d’un engagement du gouvernement pour ces autobus.

L’arrivée de nouvelles voitures Azur forcera la STM à apporter des modifications à ses équipements. La première commande de 468 voitures Azur avait coûté 1,2 milliard, mais il avait fallu investir 1,2 milliard pour divers éléments comme la modification des ateliers, l’outillage, les pièces de rechange et le rehaussement des quais de certaines stations de métro, a rappelé Amélie Régis, porte-parole de la STM.