Un surplus de 140 millions pour Montréal en 2017

La mairesse Valérie Plante a dévoilé jeudi devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain la stratégie de développement économique de son administration pour les quatre prochaines années.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mairesse Valérie Plante a dévoilé jeudi devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain la stratégie de développement économique de son administration pour les quatre prochaines années.

Montréal a terminé l’année 2017 avec un confortable surplus de 139,5 millions de dollars et l’administration Plante entend en utiliser une partie pour éponger les dépenses importantes liées aux opérations de déneigement.

L’administration a dévoilé jeudi le rapport financier consolidé de la Ville pour l’exercice financier de 2017.

Le surplus enregistré s’explique notamment par l’effervescence du marché immobilier qui a permis à la Ville de toucher 58,5 millions de plus que prévu en droits de mutation (« taxe de bienvenue »). Les permis de construction lui ont également rapporté 25,6 millions supplémentaires. L’administration évoque également les transferts gouvernementaux, en hausse de 105 millions en 2017.

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, estime que ces résultats démontrent que l’administration Coderre a géré les finances de façon saine et que l’administration Plante n’aurait pas dû hausser les taxes des Montréalais de 3,3 %.

Rappelons que dans les jours suivant l’élection de novembre dernier, la mairesse Plante avait attribué à l’administration Coderre la responsabilité de l’écart budgétaire anticipé de 358 millions pour 2018. Ce constat avait conduit l’administration à hausser les taxes au-delà de l’inflation.

Mme Plante a menti à la population en disant qu’il fallait absolument augmenter les taxes

« C’est faux. Il y avait une marge de manoeuvre très saine », a soutenu M. Perez. « Elle doit s’excuser auprès de la population ». Selon lui, l’administration devrait décréter une baisse de taxes pour 2019.

Coûteuse neige

Le raisonnement du chef de l’opposition ne tient pas la route, car il n’y a pas de lien à faire entre le bilan financier de 2017 et les prévisions budgétaires de 2018, a rétorqué le président du comité exécutif, Benoit Dorais.

« M. Perez fait le lien entre deux choses totalement différentes. Il le sait et il l’a affirmé lui-même au conseil municipal lors des débats sur le budget », a indiqué Benoit Dorais au Devoir.

L’écart budgétaire de 358 millions s’explique notamment par la hausse des coûts des régimes de retraite anticipés pour 2018, ainsi que les frais liés aux conventions collectives des policiers et des pompiers, a rappelé M. Dorais : « M. Coderre utilisait les surplus pour étaler le paiement de ces factures dans le temps, mais nous, on voulait arrêter de pelleter ça par en avant. »

Un montant de 45 millions provenant des surplus sera affecté à la gestion de la neige, qui a été abondante et a engendré des dépenses supérieures aux prévisions.

Les 53,5 millions dégagés par les arrondissements permettront à ceux-ci de fournir des services de proximité et de réaliser des projets d’aménagement urbain.

Développement économique

Plus tôt dans la journée jeudi, la mairesse Valérie Plante a dévoilé devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain la stratégie de développement économique de son administration pour les quatre prochaines années.

Devant une salle comble de plus de 800 personnes, la mairesse a expliqué les grandes lignes de sa vision baptisée « Accélérer Montréal », qui vise entre autres à stimuler l’entrepreneuriat et à renforcer la présence des entreprises montréalaises à l’étranger.

La Ville dispose d’un budget de 360 millions d’ici 2022 à cette fin.

Mais les mesures concrètes viendront plus tard. La mairesse a promis de dévoiler huit plans d’action en matière de développement économique dans les prochains mois, dont celui qui permettra aux commerçants affectés par les chantiers d’obtenir des compensations financières.

L’administration s’affaire à élaborer les critères d’admissibilité au programme qui sera en vigueur à l’automne, a dit la mairesse. Elle n’écarte pas la possibilité que l’aide soit accordée de façon rétroactive.