Stationnement: des citoyens dénoncent un règlement du Plateau

Deux citoyens du Plateau Mont-Royal, Simon Cadotte et Marie-Josée Cloutier, devront abandonner l’idée de se procurer une voiture électrique et d’installer une borne de recharge dans leur cour arrière.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Deux citoyens du Plateau Mont-Royal, Simon Cadotte et Marie-Josée Cloutier, devront abandonner l’idée de se procurer une voiture électrique et d’installer une borne de recharge dans leur cour arrière.

Des résidents du Plateau-Mont-Royal estiment que l’arrondissement va trop loin avec son projet de règlement qui interdira l’aménagement de nouveaux stationnements dans les cours arrière des propriétés. Ils tenteront d’obtenir la tenue d’un référendum pour forcer les élus à reculer.

Simon Cadotte voulait s’acheter une voiture électrique pour remplacer son véhicule à essence. Afin d’éviter de devoir utiliser une borne de recharge publique dans la rue, il entendait installer une borne dans sa cour arrière.

Mais il devra vraisemblablement abandonner son projet en raison du règlement que compte adopter l’arrondissement du Plateau. Celui-ci interdira l’aménagement de nouveaux stationnements dans les cours arrière de manière à favoriser le verdissement et à rendre les ruelles plus sécuritaires.

Bien que ce règlement ne soit pas encore en vigueur, un moratoire s’est appliqué dès l’adoption du projet en première lecture le 5 mars dernier. Le Plateau-Mont-Royal est le premier arrondissement montréalais à décréter un tel interdit.

« Ce que je vais faire, c’est continuer d’utiliser mon véhicule à essence. Mais ce n’est pas logique. L’objectif est de diminuer la pollution », estime Simon Cadotte.

Réduire la dépense à l’automobile

Les élus du Plateau maintiennent le cap. « Le fait de réduire l’offre de stationnement est un des outils qu’on a pour réduire la dépendance qu’on a collectivement à l’automobile », a expliqué la conseillère Marianne Giguère aux citoyens venus dénoncer le règlement au conseil d’arrondissement lundi dernier. « On veut faire des ruelles des endroits sécuritaires, des milieux de vie où on peut envoyer nos enfants jouer sans s’inquiéter. »

Chaque année, l’arrondissement reçoit en moyenne 14 demandes de permis pour l’aménagement d’un espace de stationnement en arrière-cour. À l’heure actuelle, 40 % des cours du Plateau comportent un stationnement et celles-ci ne seront pas touchées par le règlement.

« Comment voulez-vous attirer les familles avec un tel règlement ? se demande Simon Cadotte. Moi, j’ai trois filles, dont une qui joue au hockey. Est-ce que je vais partir à vélo avec ma poche de hockey ? À 6 h le matin, il n’y a pas de transport en commun. »

Un autre résident, René Cormier, reproche à l’administration Ferrandez d’avoir omis de consulter les citoyens alors qu’elle l’a fait pour le terrain de l’ancienne station Esso de l’avenue du Mont-Royal.

Le maire Luc Ferrandez ne juge pas qu’une consultation où deux clans risquent de s’affronter est la formule la plus appropriée. « C’est une consultation qui, généralement, n’est pas productive. Le meilleur outil démocratique, c’est le référendum », a-t-il dit.

C’est justement vers cette option que se dirigent les citoyens mécontents. Ils ont jusqu’au 23 avril pour récolter 12 signatures de résidents par zone — l’arrondissement en compte des centaines — afin de forcer l’ouverture de registres. S’ils franchissent cette étape avec succès, l’arrondissement pourrait ouvrir un autre registre pour la tenue d’un référendum ou simplement retirer son règlement.