Montréal élargit son programme d’accès à la propriété

À compter du 1er juin, les familles avec enfants qui font l’acquisition d’une construction neuve seront admissibles à une aide pouvant atteindre 15 000$.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir À compter du 1er juin, les familles avec enfants qui font l’acquisition d’une construction neuve seront admissibles à une aide pouvant atteindre 15 000$.

Dans le but de retenir les familles à Montréal, la mairesse Valérie Plante a annoncé mercredi que le programme d’accès à la propriété sera bonifié pour augmenter les subventions offertes aux nouveaux acheteurs. Ces nouvelles mesures devraient multiplier par cinq le nombre de ménages qui pourront bénéficier du programme.

Les familles avec enfants qui font l’acquisition d’une construction neuve seront admissibles à une aide pouvant atteindre 15 000 $ au centre-ville et 10 000 $ hors du centre-ville. Les autres subventions varieront entre 5000 $ et 7000 $. Le programme entrera en vigueur le 1er juin, mais les transactions notariées à partir du 1er mai y seront admissibles, a précisé la Ville.

10 000 $
C'est le montant maximal que pourrait obtenir un ménage avec enfant(s) hors centre-ville pour une construction neuve.

Montréal augmente également les valeurs maximales admissibles au programme. Ainsi, les acheteurs d’appartements en copropriété neufs dont la valeur varie entre 225 000 $ et 450 000 $ pourront profiter du programme. Le seuil maximal pour les copropriétés existantes, les maisons unifamiliales et les « plex » (2 à 5 logements) est quant à lui fixé à 630 000 $. L’aide financière sera versée sous forme de subventions pour les constructions neuves, mais sera octroyée sous forme de remboursement de la taxe de mutation pour les constructions existantes.

Renverser la tendance

Le budget consacré à ce programme, qui était de 6,5 millions de dollars en 2017, grimpera à 21,1 millions annuellement. Montréal s’attend à ce que le nombre de bénéficiaires passe de 700 ménages, en 2017, à 3500 ménages par année, et que la clientèle soit composée à 85 % de familles.

Le nouveau programme, plus simple et plus généreux, vise à freiner l’exode des familles vers les banlieues. « Clairement, notre objectif est de diminuer le solde migratoire défavorable à Montréal. On veut renverser la tendance », a indiqué la mairesse Valérie Plante mercredi en conférence de presse.

La bonification du programme sera-t-elle suffisante pour contrer ce phénomène ? Chacun des choix, la banlieue ou Montréal, comporte des avantages et des désavantages, a rétorqué la mairesse. « Mais les données qu’on a recueillies dans les focus groups démontrent que beaucoup de familles veulent rester à Montréal. C’est leur souhait le plus profond. »

En campagne électorale, Projet Montréal avait promis d’abolir la taxe de mutation pour les familles ayant au moins un enfant. Arrivée au pouvoir, l’administration a conclu que cette mesure n’était pas la formule la plus appropriée.

Prêts hypothécaires

L’annonce de l’administration a été bien reçue par l’opposition à l’hôtel de ville. « C’est une très bonne nouvelle pour les Montréalais et Montréalaises. C’est la vision qu’on avait pour la ville de Montréal », a commenté la conseillère d’Ensemble Montréal Karine Boivin Roy, en rappelant que les mesures annoncées par l’administration Plante correspondaient aux engagements du parti de Denis Coderre en campagne électorale. « L’important, c’est [qu’on réponde aux] besoins des familles montréalaises. »

L’amélioration du programme ne réglera pas la principale difficulté rencontrée par les acheteurs potentiels, a commenté Denis Doucet, responsable de la formation chez Multi-Prêts Hypothèques. « Une des raisons qui fait que les gens vont en banlieue, c’est leur incapacité à se qualifier pour un prêt hypothécaire visant un achat à Montréal. Dans ce sens-là, le programme ne change rien parce que la qualification n’a rien à voir avec la taxe de bienvenue ou les montants forfaitaires. On tient compte du crédit, du revenu et des dettes », a-t-il expliqué.

L’an dernier, Montréal a perdu près de 20 000 résidents, selon les données publiées par l’Institut de la statistique du Québec en mars. Ainsi, au cours de l’année 2016-2017, Montréal a accueilli 38 600 personnes provenant des autres régions, mais a vu 58 500 personnes quitter son territoire.