Montréal a versé 75 000$ aux citoyens malmenés par la policière Stéfanie Trudeau

Stéfanie Trudeau avait été reconnue coupable en février 2016 de voies de fait. Le juge Daniel Bédard avait estimé qu’elle avait eu recours à une «force excessive et démesurée».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Stéfanie Trudeau avait été reconnue coupable en février 2016 de voies de fait. Le juge Daniel Bédard avait estimé qu’elle avait eu recours à une «force excessive et démesurée».

La Ville de Montréal a versé une compensation financière de 75 000 $ aux quatre citoyens malmenés lors d’une intervention musclée de l’ex-policière Stéfanie Trudeau le 2 octobre 2012 dans un appartement du Plateau-Mont-Royal.

Mme Trudeau avait été reconnue coupable en février 2016 de voies de fait. Le juge Daniel Bédard avait estimé qu’elle avait eu recours à une « force excessive et démesurée » lors de cette opération qualifiée de « brutale » et « motivée par la rage ».

Surnommée « Matricule 728 », Mme Trudeau avait été condamnée à une peine de 12 mois avec sursis, assortie de 60 heures de travaux communautaires.

Mais en 2013, les quatre citoyens concernés, soit Rudi Ochietti, Serge Lavoie, Simon Pagé et Karen Molina, avaient intenté une poursuite civile, réclamant des dommages compensatoires et punitifs de 395 000 $. Le procès devait avoir lieu en février 2018.

Les demandeurs ont cependant offert de régler le dossier pour une somme de 75 000 $ en capital, intérêts et frais. La Ville a convenu de régler le dossier à l’amiable et les quatre citoyens se sont partagé le montant qui leur a été versé.

Des excuses

Outre la compensation financière, la Ville de Montréal a remis une lettre d’excuses aux quatre personnes.

« La Ville de Montréal regrette les inconvénients que vous avez subis en lien avec cet incident du 2 octobre 2012 », indique un avocat de la Ville dans une missive datée du 1er mars dernier.

Joint au téléphone, Rudi Ochietti s’est dit satisfait du dénouement. « On est contents que ce soit derrière nous. La page est tournée et on change de livre », a-t-il indiqué.

« C’était dans l’intérêt de tout le monde », a pour sa part commenté la mairesse Valérie Plante. « C’est une situation qu’on ne souhaite pas voir se reproduire et qui est malheureuse. Et à ce moment-ci, conclure une entente à l’amiable, c’était la meilleure chose à faire. »

Des « gratteux de guitare »

Rappelons que le soir du 2 octobre 2012, la policière Stéfanie Trudeau avait entrepris d’interpeller Rudi Ochietti, qu’elle avait aperçu tenant une bière à la main sur le trottoir devant le 4381, rue Papineau. Avec son collègue, elle avait par la suite procédé à l’arrestation de quatre personnes et plusieurs segments de l’opération avaient été filmés.

Dans une conversation téléphonique enregistrée à son insu dans son autopatrouille par la suite, elle avait qualifié les personnes qu’elle venait d’arrêter d’« esti de gratteux de guitare », de carrés rouges et de « mangeux de marde ».

L’ex-policière avait porté le verdict du juge Bédard en appel, mais sans succès.